| jeudi 13 décembre 2007, a 13:20 |
| Un petit détail pratique : comment se procurer mes livres ? |
- L'Harmattan : 16, rue des Ecoles
75005 PARIS
Tel : 01 40 46 79 11
ouvert de 10h à 12h30 et de 13h30 à 19h
EN LIGNE : PAIEMENT SECURISE. Cliquer sur le lien
- L'Harmattan : http://www.harmattan.fr : rechercher Le Flamboyant
- Manuscrit : http://www.manuscrit.com/mySearch.aspx
Libraires et particuliers peuvent aussi envoyer leurs commandes par mail (service.commercial@manuscrit.com), par fax (0148075010) et leurs règlements par courrier avec le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage à cette adresse :
Editions Le Manuscrit
20, rue des Petits Champs
75002 PARIS
- Dans les autres librairies en ligne : chapitre.com, amazon.fr, alapage.com etc...
AUPRES DES LIBRAIRES TRADITIONNELS
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| jeudi 13 décembre 2007, a 10:27 |
| Extrait court : Désir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage. |
« Guillaume Lelièvre termina son énième remplacement dans un lycée de l'est parisien. L'Education Nationale ne fit jamais de lui un prof d'espagnol titulaire. Il ne le désira pas. Il préféra tantôt travailler à la pige pour un hebdomadaire, tantôt accompagner un groupe de voyageurs en Equateur, au Pérou, en Bolivie ou au Brésil, mandaté par un tour-opérateur. Ou, à des périodes moins fastes, pointer tout bonnement à l'A.N.P.E.
La vie commune avec Constance devint une galère pour cet Auvergnat de quarante ans, brun, râblé, petits yeux rieurs. Il ne parvenait plus à tolérer les invectives d'une compagne très casanière qui refusait de quitter sa Normandie natale. On raconte que son plus long voyage a été le Mont Saint Michel.
Constance traitait Guillaume d'individu instable, dépourvu d'ambition. Il reconnaissait que ses dents de devant ne traînaient pas par terre. Sa seule ambition est de pouvoir mener son existence comme il l'entend : loin des contraintes, évitant la monotonie… » |
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| jeudi 13 décembre 2007, a 09:30 |
| Extrait court : Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora. |
- Est-ce normal qu'une mère soit obligée de se séparer de ses enfants une fois devenus grands, le plus souvent sans espoir aucun de les revoir, est-ce normal ? gémit sa mère qui écoutait la conversation tout en préparant du grio dans la cuisine. Et elle poursuit, d'une voix meurtrie : neuf fois sur dix, nos enfants, une fois diplômés, restent dans le pays d'accueil. Ils ne reviennent que pour les funérailles des parents. On nous a appris à être fières de les voir partir étudier à l'étranger, pour réussir plus tard dans la vie. Pour ma part, je préfèrerais les avoir autour de moi, tous ici. Que j'aimerais créer l'association des mères à qui l'on a ainsi arraché les enfants.
- Maman, maman, tu as mille fois raison. Mais ne te mets pas dans des états pareils si tu ne veux pas que ta tension monte. Les choses s'arrangeront ici et je fais le serment que nous pourrons tous bientôt vivre dignement ensemble dans notre beau pays.
Le jeune homme se lève et rejoint sa mère qui vient de se retirer dans la cuisine, presque en sanglots. Il l'entoure de ses bras et la serre tendrement et longuement contre lui. |
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| mercredi 12 décembre 2007, a 15:02 |
| Rencontre avec Mario Blaise. Eaubonne magazine - Janvier 2003 |
Haïti, c'est pas fini !
Mario Blaise, 59 ans, Eaubonnais depuis 35 ans et originaire d'Haïti, "citoyen du monde", est parti à la recherche de ses origines. Il publie Le Flamboyant, récit de sa petite enfance en Haïti, quête des origines et témoignage sur la vie à Haïti dans les années 1950.
"On n'écrit pas pour faire prendre de l'air à des mots difficiles, jamais employés, dit Mario Blaise. Mais pour se faire comprendre et transmettre ce que l'on ne veut pas perdre. Et être simple, pour cela, c'est suffisant." Et c'est ainsi, tout simplement, qu'il a écrit son premier livre.
Son fils, né en France, lui a demandé de raconter son enfance en Haïti. Ainsi Le Flamboyant est-il paru. C'est l'histoire d'une famille aisée vivant à Petit-Goâve ( à 60 km de Port-au-Prince) entre 1947 et 1955. C'est le récit des années de jeunesse de Pascal (le narrateur), de la vie quotidienne à Petit-Goâve dans le contexte culturel, sociologique et historique d'Haïti. Tout cela se passe avant la dictature de Duvalier et l'aggravation de la situation économique, quand le pays, bien que pauvre, connaissait encore une vie sociale. L'expression " douceur de vivre" y avait encore un sens.
L'écriture de ce livre répond également à une motivation "existentielle" : "une fois libéré de mes occupations professionnelles, j'ai enfin pu consacrer du temps à répondre à toutes ces questions sur mes origines : qui suis-je, quelle est ma famille, où est-ce que je vis, quels sont mes amis, quelles sont mes racines, quels sont mes droits, etc ? Tout cela me préoccupait depuis longtemps. J'ai entamé un cheminement vers moi-même et vers mes racines, à travers l'histoire de ma famille et celle de mon pays, qui parfois se rencontrent."
Le résultat, c'est un récit plein de couleurs, vives comme les fleurs du flamboyant, cet arbre sous lequel se retrouvaient les copains dans la cour de l'école des Frères, à Petit-Goâve. Un récit plein de fraîcheur et d'humour également. Un tableau, quelques tranches de vie de l'époque.
Parti tôt de son pays, Mario Blaise se dit aujourd'hui "partout comme chez lui". Il aime parcourir le monde, il "vit pour voir".
"Je me sens apaisé depuis que j'ai retrouvé mes origines, mais c'est vrai que mon "déracinement" fait que je me suis toujours senti à l'aise partout. Et puis, je ne suis pas à la retraite pour rester chez moi à épousseter les bibelots !" |
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| mardi 11 décembre 2007, a 21:25 |
| Présentation : Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora - roman historique.Version revue et actualisée. Editions Le Manuscrit. |
Luckner Desvignes, un jeune étudiant haïtien, découvre la France des années 60 et porte un regard critique sur les réalités de son pays natal.
La dérive politique et économique compromet l'installation du jeune médecin à Port-au-Prince. C'est triste et amer qu'il consent à partir pour les Etats-Unis.
À travers l'histoire personnelle de Luckner Desvignes, celle de la violence et de la misère en Haïti, ce roman traite du problème universel de l'exil et parlera au cœur de tous les hommes. |
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| mardi 11 décembre 2007, a 21:22 |
| Présentation : Désir d'Ailleurs - Chroniques de Voyage. Editions Le Manuscrit. |
Des routards d'horizons différents se rencontrent au cours d'un voyage dans le cône sud de l'Amérique, à travers l'Argentine, le Chili et l'Uruguay. Grâce à sa longue expérience des échappées lointaines, l'auteur imagine une relation forte entre ces personnages qui ne tardent pas à s'épancher et à s'interroger sur la quête de l'Ailleurs qui les anime. Tandis qu'il lève progressivement le voile sur des pans entiers de leur histoire personnelle, on les voit évoluer un peu dans leurs milieux respectifs avant d'entamer une découverte de l'Amérique centrale, du Guatemala au Panama. |
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| mardi 11 décembre 2007, a 20:51 |
| Présentation : Le Flamboyant. Editions L'Harmattan. Récit. Collection Graveurs de mémoire |
Le Flamboyant a pour cadre Petit-Goâve, une petite ville de province, au sud de Port-au-Prince, dans les années 50, avant l'arrivée des Duvalier. C'est l'histoire d'une amitié entre Pascal, Odilon, Mondon et les autres.
"Au moment où Moreno, au volant de Soulouque, marque un temps d'arrêt, au pied du mont Tapion, pour enclencher la première vitesse, je réalise que je sors à la fois de Petit-Goâve et de la Petite Enfance et je me demande avec anxiété si la porte du paradis n'est pas en train de me claquer au nez.."
Ce livre est un tableau qui reflète une tranche de vie, celle de Pascal, dans son contexte familial, culturel, sociologique et historique.
Un récit intimiste, écrit avec beaucoup d'humour et de fraîcheur, émaillé de nombreuses anecdotes.
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Les Editions L'Harmattan
ont le plaisir de vous inviter à la signature du livre de
Mario BLAISE
LE FLAMBOYANT
Collection
" Graveurs de mémoire"
Mardi 17 septembre 2002 à 19 heures
à l'Espace Harmattan
21 bis, rue des Ecoles-75005 Paris - (Métro : Maubert-Mutualité.)
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POUR HAÏTI
Association culturelle franco-haïtienne
Bulletin trimestriel no 42 Sept - Dec 2002
Quand tu ne sais plus où tu vas, demande-toi d'où tu viens» (proverbe africain).
Il est des livres qui arrivent à point nommé. Celui-ci en fait partie. En dehors du plaisir de la lecture, il rendra un grand service à tous les jeunes Haïtiens partis très tôt dans l'enfance, éventuellement adoptés par une famille étrangère, ou à l'adolescence, en leur permettant de découvrir leur pays natal. En effet, un certain nombre de ces compatriotes connaissent peu ou pas l'histoire d'Haïti, son mode de vie, ses us et coutumes. Pour certains, même, « notre monde» a commencé avec Duvalier !
Le Flamboyant relate la vie quotidienne à Petit-Goâve dans les années cinquante. Pour nous, adultes (et même« vieux », pour certains) c'était le temps de l'insouciance, le temps d'une pauvreté non acceptable, certes, mais non violente. L'assassinat d'un instituteur, d'un avocat, d'un homme politique, d'un humble père de famille qui revêtait encore, alors, un caractère d'une barbarie épouvantable est devenu, pour des raisons inavouées ou non encore élucidées, un acte banal pour ne pas dire courant. Mario Blaise décrit, d'une plume légère et amusée, cette époque heureuse, pré-apocalyptique.
Il lui a fallu pour cela réaliser un long voyage en lui-même pour nous rapporter toute la fraîcheur de ses dix ans. Il aurait pu dire, avec Camus, «je vivais alors».
Avec des mots simples, colorés, évocateurs ; des phrases courtes, belles, bien balancées ; un style à la Daudet, il évoque pour nous la beauté des lieux, la saveur des fruits, la majesté des arbres, la clémence et la douceur de la mer.
Home sweet home
La demeure familiale devient un personnage. Elle a les bras grands ouverts pour accueillir les ébats des gosses infatigables lors de vacances inoubliables.
Pour la fête nationale, dans des salles immenses, au plafond haut, dont certaines sont réservées à l'achat du café et à son stockage, les autorités venues de la capitale rencontrent celles de la ville. C'est là que se prend le verre de l'amitié et que les politiques achèvent, dans la bonhomie, leurs palabres sur les dernières nominations.
La vie quotidienne à Petit-Goâve, c'est l'animation dès le petit matin. Les enfants vont à l'école, toutes classes sociales confondues. Les meilleurs amis ne sont pas obligatoirement les plus fortunés. Un vélo devient « une grosse affaire» ! Quelle joie de se griser de vitesse, de partager « cette monture qui rayonne au soleil» avec les amis les plus proches. Un rêve se concrétise : on se sent prince; que dis-je, roi. La vie est riche de promesses.
Puis survient un drame familial : un divorce. Quel malheur à l'époque !
Le temps passe et la douleur s'atténue, surtout quand la mère est là, que l'on passe de longs moments près d'elle, et qu'on la trouve belle.
C'est dans ces trésors d'expériences heureuses que l'enfant d'hier devenu adulte puise toute la chaleur de l'amitié que l'on accorde aux copains.
Ceux-ci ont répondu à l'appel. Tous, ou presque, étaient là, lors de la présentation du livre chez l'Harmattan, venus des quatre coins de France ou du Canada. Ceux qui n'avaient pu faire le déplacement s'en étaient excusés. Merci mon cher Mario de nous avoir fait rencontrer tes parents, tes amis et nos amis communs.
Merci de nous avoir permis, par la magie de ta prose à la petite musique mutine, de retourner aux sources de notre enfance heureuse.
H.D Talleyrand
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| mercredi 10 décembre 2008, a 11:32 |
| Ce jour-là : vue sur la vallée d’Ambositra (Madagascar) |
Les terres fertiles d'Ambositra, consacrées aux cultures vivrières, ne sont jamais en jachère. Cette grosse bourgade respire la détente, le charme, la gentillesse. |
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| mercredi 10 décembre 2008, a 11:09 |
| Ce jour-là : à la découverte des hautes maisons aux balcons de bois d’Ambositra |
Le charme suranné de hautes maisons aux balcons de bois contribue à donner un vrai caractère à Ambositra, ce village paysan de 30.000 habitants. |
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| mercredi 10 décembre 2008, a 10:42 |
| Ce jour-là : promenade dans les rues d’Ambositra (Madagascar) |
À environ 250 km au sud de Tananarive, ne pas rater Ambositra ou ville des zébus castrés. C'est un paisible village bâti sur une colline à 1350 m d'altitude. Il est réputé pour le travail du bois, la marqueterie et la fabrication de toaka gazy, rhum local, à partir de la canne à sucre. |
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| vendredi 05 décembre 2008, a 19:07 |
| Ce jour-là à l’île Sainte-Marie (Nosy Boraha) Madagascar |
Septembre 2008. En dépit des signes encore visibles du cyclone qui a sévi il y a quelques mois – cocotiers déracinés, girofliers saccagés- Sainte-Marie demeure un vaste jardin tropical.
De mon bungalow fabriqué en matériaux locaux, murs en falafa, toit en feuilles de ravenala (arbre du voyageur) j'observe ce matin la vie locale : deux hommes exhibent un barracuda dans une bassine. Ils le proposent d'une maison à l'autre ; une jeune femme, drapée dans son paréo de coton ( le lambahoany), tente de vendre ses poules tandis qu'une autre, en tenue semblable, porte en équilibre sur la tête un amoncellement multicolore de chapeaux. Un taxi-brousse surchargé fait la navette avec la « capitale » : Ambodifotatra et son passage en musique couvre de temps à autre le ressac de l'océan indien. Au large, le spectacle des baleines et des baleineaux effectuant leur migration depuis les mers du sud.
L'île est rustique, sauvage et les Saint-Mariens d'une gentillesse exquise.
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| vendredi 28 novembre 2008, a 19:09 |
| Ce jour-là à Tananarive : la messe du Père Pedro |
Tananarive. Quartier d'Andralanitra.
21 septembre 2008. Un immense hangar abrite plus d'un millier de personnes endimanchées venues comme d'habitude assister à la messe dominicale du Père Pedro. Elles sont assises en rang, les enfants se tiennent à l'avant, parfois sur des nattes. Les plus grands s'occupent des plus petits avec beaucoup de tendresse. Sur l'estrade, le père Pedro avec sa barbe blanche et deux autres prêtres. Juste à côté, un orchestre. À l'arrière, les chœurs. La messe est entrecoupée de chants et de danses remarquablement coordonnés. De vieilles grand-mères, décomplexées, valsent en solo, le visage rayonnant de bonheur. La majorité silencieuse effectue des mouvements d'ensemble rythmés et parfaitement synchronisés. Les fidèles paraissent transfigurés et littéralement fascinés par cette atmosphère de grande communion.
Après la messe, j'ai discuté un peu avec des habitants de ce village construit sur les collines de Tananarive par le Père Pedro. Certains m'ouvrirent les portes de leur maison.
Pedro OPEKA naît en 1948 à Buenos Aires d'une famille slovène. Arrivé comme missionnaire à Madagascar en 1972, il fonda avec des amis malgaches en 1989 l'association AKAMASOA (Les Bons Amis).
Akamasoa s'occupe de la réinsertion économique et sociale de personnes en détresse en les accueillant dans ses villages pourvus d'écoles, de lycées, de crèches et de dispensaires, en créant des emplois dans le bâtiment, dans les carrières, dans l'artisanat, dans les ateliers de menuiserie, de mécanique, en scolarisant les enfants des rues. |
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| jeudi 27 novembre 2008, a 17:46 |
| Ce jour-là à Tamatave (Madagascar) : quand les taxis-pousses harcèlent |
Une armée de chômeurs, reconvertis en chauffeurs de pousses, maraudent dans les rues défoncées de la ville.
Un vazaha, terme générique pour les étrangers dans la Grande Île, débarque d'un taxi-brousse. Les pousses le repèrent illico. C'est une proie idéale : il ne connaît pas les tarifs, paie habituellement la course plus cher que le Malgache et de surcroît n'exige pas que le conducteur coure ou fasse diligence.
Notre vazaha se met le plus naturellement du monde à faire rouler son sac jusqu'à l'hôtel, déjà réservé, à moins de 200 mètres de là. Il est vite encerclé par un bataillon de pousses qui lui coupent le chemin en se disputant le client. Des dizaines de mains tirant le bagage à hue et à dia. - Fais-moi travailler. Je n'ai rien fait depuis ce matin.
- Mais, je vais Chez Christophe, juste à côté. - On ne te demande pas 10.000 Ariary mais seulement 2000. Si tu ne veux pas nous aider, tu n'as qu'à retourner chez toi.
Le pauvre touriste stoppe net, se fâche tout rouge jusqu'à ce que la tempête se calme. Les pousses finissent par s'éloigner, vociférant des insultes. |
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| dimanche 14 septembre 2008, a 09:34 |
| Ce jour-là à Perth (Australie occidentale) . |
 « Il faisait 33 degrés à Perth ce dimanche-là quand il sauta au volant de sa Holden pour se rendre à Fremantle, la ville portuaire. Chris aurait préféré prendre la moto car Freo, comme la désignent ses habitants, était envahie de promeneurs et saturée de voitures. Mais il avait promis à sa mère de l'accompagner au marché couvert pour de volumineuses courses. Les yeux rouges de fatigue, sous le coup d'un décalage horaire d'une quinzaine d'heures et après une nuit dans le quartier de Northbridge à faire frémir un parterre de passionnés de musique électronique, il fit un détour par Cottesloe, une plage somptueuse et s'assit sur un banc, au bord de l'Océan Indien. Il éprouvait un impérieux besoin de venir en ces lieux pour se recueillir et voyager à l'intérieur de lui-même. C'était toujours à cet endroit précis et immanquablement à chacun de ses retours au Down Under, qu'il se laissait assaillir par les mêmes souvenirs de famille. L'insouciance, l'immunité même que lui procurait l'Ailleurs avaient fait long feu. Il n'était plus un autre, il s'était retrouvé... »
Roberto Sanchez posa un instant le livre. La lecture de Désir d'Ailleurs lui avait inoculé une nouvelle faim, celle de découvrir Perth et toute l'Australie Occidentale. |
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| mardi 26 août 2008, a 18:49 |
| Ce jour-là à Coober Pedy, capitale mondiale de l’opale. |
Une ambiance particulière plane dans ce petit village de l'outback australien habité en grande partie par des mineurs de nationalités très diverses. Le lieu est hostile, avec plus de 50°C les jours d'été et des nuits extrêmement froides l'hiver. D'où l'usage d'habitations troglodytiques.
Les gens s'installent à Coober Pedy pour chercher fortune dans l'opale. Et le petit cimetière accueille des jeunes mineurs malchanceux qui semblaient faire peu de cas de leurs vies. Ėpitaphes et panneaux illustrent l'humour et le côté je-m'en-foutiste de la population :
« Have a drink on me ! ( Buvez à ma santé !) Sur la tombe d'un jeune de trente ans.
Et plus loin, pour enfoncer le clou devant la rigoureuse sécheresse du sol :
Golf, keep off the grass ! (Golf, ne marchez pas sur la pelouse !)
Plus d'une douzaine de films ont été tournés dans cette localité de trois mille habitants dont Stark et Mad Max 3. |
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| mardi 19 août 2008, a 17:05 |
| Ce jour-là : dans un pub de Tennant Creek ( Australie, Territoire du Nord ) |
Roberto à un Aussie attablé à côté de lui : « Je suis indigné par le spectacle de ces hordes d'Aborigènes pieds nus, hirsutes, sous l'emprise de l'alcool qui déferlent en guenilles sur la Stuart Highway. J'ignorais que votre pays traitait ainsi ses minorités. »
L'Australien posa calmement son verre de bière et postillonna : «J'habite Adélaide et, contrairement à beaucoup de mes compatriotes, je ne suis pas du tout fier de la politique menée envers les Aborigènes. Chassés des terres ancestrales, incarcérés, décimés, ils ne représentent plus que 2% de la population totale contre 30% dans le Territoire du Nord. Le coup de grâce a été donné en 1996 par le gouvernement conservateur de John Howard qui limita les droits fonciers du peuple aborigène. »
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| lundi 04 août 2008, a 12:00 |
| Ce jour-là : dans les environs de Queenstown |
Cher Tom,
La Nouvelle Zélande est « un monde en miniature ». Après les plateaux volcaniques, les vignobles et les pâturages de l'île du Nord, me voici dans l'île du Sud, découvrant des paysages époustouflants : forêts vierges, glaciers spectaculaires, fjords enivrants. J'assiste à une véritable fête de la Nature qui semble connaître, comme les mourants, « le mieux de la fin ». Je me balade sur des plages immaculées. Je côtoie des albatros, des cormorans, des pingouins, des phoques, des lions de mer et des otaries à fourrure. Je mange très souvent japonais et adore la pavlova, la méringue locale. En espérant que tu recevras cette carte postale assez rapidement.
Pensées affectueuses
Roberto |
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| samedi 05 juillet 2008, a 15:29 |
| Ce jour-là en Nouvelle Zélande : Napier, la capitale mondiale de l’Art Déco, attire les foules. |
Nous sommes le vendredi 3 février 2006. Il est 10h30 am. L'esplanade de Napier grouille de monde. Les cloches des églises carillonnent, les tirs de canon résonnent, des avions sillonnent le ciel, certains Kiwis revêtent les costumes des années 1930. Prières, discours. Helen Clark, la Premier ministre travailliste, a fait le déplacement et est arrivée en toute simplicité, accompagnée par la maire de la ville.
Il y a exactement 75 ans, un violent tremblement de terre, suivi d'un incendie, détruisit la plupart des vieux immeubles en briques de Napier et provoqua la mort de 258 personnes. Le programme de reconstruction donna rapidement naissance à l'un des meilleurs exemples de ville Art Déco au monde.
C'est pour maintenir dans les cœurs et les esprits le souvenir de la catastrophe du 3 février 1931 qu'a lieu à Napier la cérémonie du 75e anniversaire. N'importe quel anonyme pouvait, s'il le désirait, approcher librement Mrs Clark, lui parler et même partager une photo. Elle conversait alors avec sérénité et… beaucoup de courtoisie. |
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| mardi 24 juin 2008, a 18:55 |
| Ce jour-là : de Auckland, capitale économique de la Nouvelle Zélande, à Rotorua, ville maorie. |
Roberto Sanchez est d'avis que l'Inde est antinomique à la Nouvelle Zélande, appelée en Maori Aotearoa, le pays du long nuage blanc. Les 350 habitants au km2 du sous-continent indien, le manque d'hygiène, la pollution de l'air, la déforestation, les déchets de plastique, le manque d'eau contrastent en effet avec une densité moyenne de 15 habitants voire 6 seulement dans l'île du sud et avec les choix écologiques faits par ce pays de 4 millions de personnes, divisé en deux îles principales et grand comme la moitié de la France.
D'abord séduit par le confort et la fonctionnalité des auberges de jeunesse néo-zélandaises, attiré par l'aspect cosmopolite de Auckland, la City of Sails, la ville des bateaux, notre ami grimpe aujourd'hui dans un bus pour backpackers qui le conduit à Rotorua. L'odeur des geysers, les sources d'eau chaude, la forte présence maorie lui confirment qu'il est bien « ailleurs ». Après une balade sur les rives du lac Rotorua, il visite l'Institut des Arts Maoris, expérimente le Hangi, nourriture typique maorie, ( viande, poissons et légumes cuits sous terre, là où c'est chaud) et assiste à son premier concert de Haka, popularisé par les All Blacks.
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| jeudi 12 juin 2008, a 10:29 |
| Ce jour-là : dans les transports en commun indiens. |
Il avait juré de fouler aux pieds les règles les plus élémentaires de politesse et de jouer des coudes, comme tous les Indiens, pour grimper dans son bus. Pourtant, c'est le troisième qui lui passe sous le nez.
Certains habitués ont des techniques très éprouvées qui coiffent les plus dégourdis au poteau : ils vont à la rencontre du véhicule avant que celui-ci n'arrive au terminus ; ils se propulsent à l'intérieur dès qu'il amorce un ralentissement ou réservent leur place du dehors en lançant un objet par la fenêtre.
Roberto parvient enfin à s'emparer d'un siège et un tout dernier, juste à côté de lui est à la portée d'un jeune couple indien. L'homme saisit le bébé des bras de sa mère et occupe aussitôt la place, laissant sa femme debout pendant toute la durée du parcours. Il a sans doute usé de ses prérogatives de mâle dans la société indienne ? À moins qu'il ne voulût pas que sa femme s'assît à côté d'un autre homme que lui ?
Dans l'après-midi, un jeune touriste occidental, sans doute mal informé, se fait conspuer et chasser à coups de pieds d'un compartiment de train réservé aux ladies. Il s'y était introduit car tous les autres wagons étaient inaccessibles.
Est-ce parce que la femme indienne est déconsidérée et brimée qu'elle défend aussi âprement un de ses derniers pré-carrés ? Une présence masculine dans un sanctuaire de femmes a sans doute été considérée comme une profanation ? |
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| jeudi 05 juin 2008, a 14:50 |
| Ce jour-là à Kalimpong, district de Darjeeling. |
Namaste !
L'Inde, la plus grande démocratie au monde, a des problèmes avec ses communautés et ses séparatistes. Le grand bazar que constitue le centre-ville de Kalimpong est infernal ce mercredi 9 avril 2008. Des dizaines de jeeps regorgeant de passagers et de colis marquent le pas alors qu'un aussi grand nombre, de guerre lasse, est garé aux bords de sordides venelles, moteurs éteints. Le principal carrefour de la ville est pris d'assaut par d'importantes brigades de police militaire comme à chaque fois que les mouvements séparatistes font une démonstration de force. Les Gorthas, ethnie originaire du Népal et majoritaire dans la région, réclament avec véhémence la création d'un nouvel état indépendant du Bengale Occidental, avec Darjeeling, Kalimpong, Siliguri, Kurseon…Des milliers d'hommes et de femmes défilent en rangs dans les rues de Kalimpong à partir du siège du puissant Gurtha National Liberation Front (GNLF) aux cris de :
We want Gorthaland
Leur passage entraîne la fermeture des commerces et la paralysie totale du trafic interurbain. La foule, impressionnante, vocifère ses revendications tout en progressant librement alors que les rassemblements, de plus en plus fréquents, perturbent la vie locale. Un avis de grève générale fera d'ailleurs de Kalimpong une ville morte pendant les vingt-quatre heures à venir. De nombreux seatings sont prévus dans tous les quartiers. Ce qui fait la joie des écoliers qui, à chaque fois, transforment les rues en terrains de foot et de cricket.
Le gouvernement central indien fait la sourde oreille. Il a accordé dès 1988 une relative autonomie à la région de Darjeeling mais elle semble insuffisante. |
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| mardi 27 mai 2008, a 10:04 |
| Ce jour-là à Varanasi (Bénarès) : la déesse Saraswati en offrande au Gange. |
Un cyclo-pousse entouré d'une dizaine de collégiens déboule en musique dans la rue qui mène au gath principal de Bénarès, muni d'un haut-parleur crachant des chants religieux. De temps en temps, les jeunes gens font une pause, lèvent les bras en direction du ciel et scandent en chœur : «God is law, Dieu est la loi.» Au niveau de la légendaire file de mendiants assis des deux côtés de la rampe qui conduit au gath, la petite troupe s'arrête pour régler la course et continue ensuite le chemin portant une célèbre passagère sur les épaules.
Suit un groupe d'étudiants, accompagné d'un professeur. Il déambule la même rue avec autant d'allégresse et autant d'enthousiasme, portant également une statue d'environ un mètre cinquante, faite de glaise et de fines tiges de bambou. Ils débitent les mêmes prières de dévotion à Dieu.
Sur la rive sacrée du Gange, ils installent leurs statues sur des barques et s'éloignent au milieu du fleuve. Les gesticulations recommencent. Ils poussent des cris de joie, se prennent en photos et finalement jettent la déesse Saraswati par dessus bord en jubilant de satisfaction.
La tradition hindouiste veut que la déesse de la culture, de la musique et de la sagesse soit fêtée tous les ans pendant deux jours. La seconde journée a lieu la Puja, prière, au Gange. Les bateliers sont alors très sollicités et à la surface du fleuve flottent ce jour-là des dizaines de statues colorées au milieu d'une profusion de guirlandes de fleurs. |
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| samedi 17 mai 2008, a 23:02 |
| Une nuit bien agitée à Kolkata ( Calcutta ) |
 Il tombait de si grosses gouttes que le ciel semblait se décoller. Tandis que des coups de klaxon ponctuaient régulièrement la nuit, le moteur d'une voiture s'était noyé et son conducteur insistait pour le remettre en route. D'une petite rue jouxtant l'hôtel montaient des vociférations, des mélopées, des disputes, des conversations à distance entrecoupées de rejets sonores de crachats, de sortes de brefs petits coups de trompettes traduisant la manière qu'ont les Indiens de se moucher dans le vide. Les croassements d'une colonie de charognards rivalisaient avec les aboiements et les cris de douleur d'une multitude de chiens s'étripant dans d'âpres combats. Ces chiens sont souvent considérés comme des symboles de réincarnations d'humains bannis. Pour parfaire le tableau, les rideaux de fer des rez-de-chaussée des immeubles voisins déchiraient sans vergogne les rares moments de silence toutes les fois que les commerçants entraient ou sortaient de chez eux. À 5h 30 du matin, le muezzin entra dans la danse pour appeler à la prière.
Le vacarme fut si assourdissant et si perturbant qu'il plongea Roberto Sanchez dans une profonde angoisse. Allongé sur son sommier de planches recouvert d'un matelas de capoc, il commença à appréhender de devoir arpenter les rues surpeuplées, crasseuses et polluées de Kolkata. Il redouta ses trottoirs défoncés, envahis par des mendigots et des petits vendeurs agressifs. Il souhaita éviter les moments où il faudra éconduire des rabatteurs tenaces parce que nécessiteux, des chauffeurs de taxi et de pousses qui l'accosteraient sauvagement toutes les cinq minutes, des enfants-cireurs-de-chaussures qui lui donneraient mauvaise conscience. Il ne se sentit pas le courage d'affronter les suppliques d'une armada de jeunes femmes portant des nourrissons dénutris. Il crut être revenu au moyen-âge.
Comme nombre de voyageurs en Inde, il se demanda ce qu'il faisait dans cet enfer et il aspira à en partir rapidement d'autant plus que la grippe aviaire faisait depuis quelques jours la une du Times of India. L'épidémie était aux portes de Calcutta et le gouvernement local venait d'interdire l'entrée des poulets et des œufs dans la ville. L'inquiétude grandissait chez notre ami. C'était l'impasse.
Pourtant, au fil des jours, Kolkata et ses habitants se révélèrent très attachants et ce fut pour Roberto une expérience à la fois poignante et exaltante.
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| mercredi 07 mai 2008, a 09:13 |
| Ce jour-là à Bodhgaya (Inde) : le 3e festival annuel de chants boudhiques. |
Plus d'un millier de moines asiatiques sont réunis sous un chapiteau. Drapés dans leurs épaisses robes jaunes, ocres, safran ou bordeaux, crânes rasés ou cheveux très courts, ils attendent la distribution du repas. C'est le 3e festival annuel de chants boudhiques à Bodhgaya, le plus important lieu de pèlerinage boudhiste au monde.
Non sans nonchalance, ils envahissent ensuite par petits groupes la rue qui conduit au magnifique temple de la Mahabodhi pour la cérémonie du Puja. Ils prennent place à même le sol, en rangs serrés, sous l'Arbre Sacré où lord Boudha aurait reçu l'illumination, ouvrent leur manuel de prières rédigé en pali, la langue du boudhisme, et s'oublient dans un chanting qui durera tout l'après-midi. Le gong rythme les chants. Les haut-parleurs les amplifient et plongent moines et pèlerins dans un profond recueillement.
Pieds nus, mains jointes, bracelets porte-bonheur aux poignets, les visiteurs égrènent de longs chapelets en arpentant la promenade qui entoure le temple principal. Les plus fervents se mettent régulièrement à plat ventre, les bras en avant. Ils viennent de tous les pays d'Asie, revêtent des costumes très différents, du sarong blanc au saree de couleurs, du lungi au dhoti et à la tunique, du turban au bonnet. Les Tibétains sont reconnaissables à leur moulin à prières. Ceux qui sont assis sous les immenses branches de l'Arbre Sacré guettent les rares feuilles qui s'en détachent. De temps en temps arrivent des délégations de pays voisins conduites par des moines. Elles portent avec dévotion une bande de tissu jaune de la couleur de la robe de Boudha. Certains pèlerins vaporisent l'air de parfum, d'autres brûlent de l'encens. Les murs du temple sont ornés de guirlandes de fleurs. Tous les recoins du parc sont envahis de visiteurs actifs qui prient en chœur ou qui se prosternent ostensiblement. Les arbres sont décorés de petits drapeaux de toutes les couleurs.
À la tombée de la nuit, les moines font la pause. Des milliers de petites ampoules multicolores illuminent les arbustes, les stuppas, les murs d'enceinte du parc et les pèlerins font brûler des centaines de petites bougies dans la pénombre d'une salle de verre. Ce festival, organisé par la Fédération Internationale du Boudhisme, s'est tenu du 12 au 23 février 2008. |
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| mardi 29 avril 2008, a 15:56 |
| Ce jour-là à Gangtok, capitale du Sikkim |
On répète à l'envi que l'Inde est sale et qu'elle regorge de mendiants. L'état du Sikkim échapperait-il à ces clichés ? Le parti au pouvoir, le Sikkim Democratic Front (SDF), passe pour un grand protecteur de l'environnement et le gouvernement central indien a beaucoup investi dans la région pour contenir les visées du grand voisin chinois.
Un gong en cuivre retentit. Il annonce l'arrivée d'un camion-poubelle. Toutes affaires cessantes, les habitants du quartier s'emparent des paniers, des seaux, des boîtes de carton, des sacs de toile ou de paille contenant leurs ordures et les tendent aux préposés pour un premier tri sélectif. Les « plastic bags » sont rares dans le pays du Khangchendzonga.
À l'autre bout de la rue, un autre camion livre des bouteilles de gaz. Les clients, nombreux, les embarquent dans des taxis ou utilisent les services de porteurs à la mode tibétaine. Le charbon de bois n'est utilisé que dans les villages car le gouvernement local protège la forêt sikkimoise et tente de damer le pion au Népal pour le trekk et le tourisme vert. |
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| jeudi 24 avril 2008, a 10:23 |
| Ce jour-là à Darjeeling : les Tibétains protestent contre la répression chinoise. |
Tashi delek !(Bonjour en tibétain)
Le drapeau international tibétain était à nouveau à l'honneur sur la place Chowrasta de Darjeeling le 16 mars 2008 après une série de manifestations pacifiques à l'occasion du 49e anniversaire du massacre par les Chinois de plus de dix mille Tibétains le 10 mars 1959 à Lhassa.
Ce nouveau mouvement de protestation réunissait des centaines de Tibétains ulcérés contre la violence des répressions perpétrées à Lhassa par l'occupant chinois. Assis à même le sol, une bougie à la main, les manifestants égrenaient avec ferveur des prières et des chants tibétains. Ils se levèrent ensuite, brandissant pancartes et banderoles condamnant la violence au Tibet et fustigeant le déroulement des prochains jeux olympiques à Pékin. Ils mirent le feu à un mannequin en chiffon représentant la Chine, se massèrent autour de la flamme et, tour à tour, piétinèrent avec acharnement les débris de l'ennemi en criant :
« What do we want ? Freedom.
What do we want ? Justice. »
Les photos de Gandhi et du Dalai Lama en tête du cortège, des dizaines de moines entamèrent une marche à travers la ville entraînant un impressionnant groupe de femmes tibétaines en habit traditionnel, des écolières en uniforme, des jeunes, des vieux. Ils portaient des drapeaux tibétains et des panneaux où l'on pouvait lire :
Free Tibet, Save Tibet,
Tibet belongs to Tibetan,
Stop violation in Tibet.
Roberto Sanchez se joignit au cortège. Il sait ce que sont l'exil et la répression. Il compatit à la tristesse et à l'indignation du peuple tibétain. |
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| jeudi 17 avril 2008, a 10:38 |
| Ce jour-là à Kolkata ( Calcutta ) : Brève rencontre avec un rickshaw-wallah |
Un rickshaw rata son virage et continua à l'horizontale sa course effrénée sur une dizaine de mètres. Son conducteur fut projeté à l'extérieur et sa tête heurta violemment le macadam. Un policier releva le rickshaw-wallah groggy et le traîna négligemment au bord de da chaussée. Il lui jeta ensuite sa bouteille d'eau restée dans la cabine. Des curieux se pressèrent autour du véhicule, plus soucieux d'évaluer les dégâts matériels que de porter assistance au chauffeur.
Témoin de la scène, Roberto Sanchez en fut choqué : l'accidenté a été manipulé sans précaution ; aucun secours n'a été réclamé. Pourtant le choc fut d'une telle violence qu'un traumatisme crânien semblait inévitable. Dans les heures qui suivraient, le pauvre homme pourrait bien s'enfoncer dans un coma profond. Mais que vaut en Inde la vie d'un rickshaw-wallah s'il est de surcroît un intouchable ? Roberto eut une pensée pour la famille du chauffeur qui attendrait son retour ainsi que le maigre gain de la journée. Se forçant à relativiser, il se dit que le quotidien des rickshaw-pullers ou hommes-chevaux, est encore plus précaire, plus difficile et plus périlleux. Souvent pieds nus, par tous les temps, ils tirent carrioles et passagers à travers les rues encombrées et parfois défoncées de Calcutta.
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| jeudi 17 avril 2008, a 10:18 |
| BIENNALE DES AUTEURS EAUBONNAIS |
La Biennale des auteurs eaubonnais, organisée par la ville d'Eaubonne, aura lieu le Samedi 31 mai 2008 de 14h à 17h30 à la Médiathèque Maurice Genevoix,
Place du 11 novembre 95600 EAUBONNE
tel : 01 39 59 06 44
Au cours de cette rencontre, je présenterai et dédicacerai mes ouvrages... À très bientôt
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| jeudi 17 janvier 2008, a 19:22 |
| Ce jour-là : la rançon |
Le bus parcourait d'un rythme lent la sierra équatorienne avec, à son bord, un petit groupe de touristes français. Le guide-accompagnateur Roberto Sanchez interrompit subitement son discours d'informations et son visage se figea. Une trentaine d'Indiens venait de faire irruption sur la route, barrant le passage à l'aide d'un volumineux tronc d'arbre qu'ils manipulaient grâce à une poulie. Les hommes étaient menaçants, armés pour la plupart de gourdins. Un bon nombre d'entre eux était ivre.
Le chauffeur coupa le moteur. Les indigènes réclamaient de l'argent, les étrangers ne cachaient pas leur indignation de se voir ainsi rançonnés. La tension montait à l'intérieur du car. Même les plus progressistes étaient offusqués de ce qu'ils considéraient comme un racket.
Roberto prit alors le micro et conseilla d'obtempérer avant que les esprits ne s'échauffent trop. Tout en condamnant l'agression, il entreprit de calmer le jeu en expliquant rapidement que l'obole, la dîme, le péage ou le «toll» - peu importait le nom - qu'on les invitait à payer pouvait être considéré comme le droit de fouler la terre dont les Indiens avaient été spoliés. Et cet impôt allait directement dans leurs poches et non dans celles d'un Etat corrompu et injuste.
Il remit une petite liasse de dollars au chef. Le tronc d'arbre fut enlevé aussitôt et le car reprit sa route.
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| vendredi 11 janvier 2008, a 13:59 |
| La version revue et actualisée de LES TRIBULATIONS D’UN HAÏTIEN DE LA DIASPORA vient de paraître aux éditions Le Manuscrit |
Pourquoi cette nouvelle publication ?
Dauphin Noir, l'ancien éditeur, a cessé son activité, le livre n'était plus diffusé. Avec du recul, l'idée m'est venue de le retravailler, de le compléter, de m'adresser en même temps à un plus large public.
La nouvelle version est donc revue, un peu dans l'écriture du livre, beaucoup dans sa philosophie.
Elle est actualisée puisque les tribulations de Luckner Desvignes, loin de s'arrêter en 1991, englobe cette fois-ci les quinze dernières années de la vie politique haïtienne, jusqu'au départ à la retraite du héros. |
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| mercredi 02 janvier 2008, a 17:51 |
| Roberto Sanchez et les fêtes de fin d'année |
Quelle frénésie! On se bouscule sur les marchés. On se précipite dans les grands magasins. Décorés à souhait, ils ne désemplissent pas, y compris les dimanches. Les fêtes de fin d'année approchent et les cartes de crédit commencent à chauffer.
Roberto Sanchez observe. On pourrait dire qu'il s'observe. Longtemps encore après son arrivée en France, il s'est laissé captiver par cette ambiance hivernale qu'il trouvait chaleureuse, par cette profusion de richesses qui contrastait avec le très sobre environnement de Sosua, son village natal du nord de la République Dominicaine. Ce nouveau pays le fascinait et il se sentait même le vent en poupe. C'était le temps des projets, celui des illusions.
Trente ans plus tard, notre ami se sent plutôt seul dans la foule. Il ne se reconnaît pas dans ceux qu'il croise. Il ne mord pas aux mêmes appâts. Il ne cède pas aux mêmes sollicitations. Son monde à lui est surtout intérieur. L'horizon lui paraît sérieusement étroit. Après de si longues années sur place, il aurait pu lui arriver, à certains moments, d'oublier qu'il est étranger au décor, de croire qu'il s'est coulé dans le moule si on ne lui demandait de temps à autre d'où il est.
L'Ailleurs que Roberto avait rencontré au tout début de son séjour en France n'était plus un Ailleurs. Il s'était mué en un Quotidien qui ne lui parlait pas suffisamment et qui par conséquent lui demeurait étranger par bien des aspects. Roberto Sanchez comprend pourquoi les membres d'une même diaspora aiment à se regrouper. Il comprend en un mot ce que c'est que l'Exil. |
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| dimanche 16 décembre 2007, a 14:18 |
| Extrait long : Desir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage |
- Je parie que tu viens d'Australie.
- Aussi certain que tu es québécois. Je t'ai entendu parler français. Chris, de Perth.
- Jean-Yves, parisien depuis quelques années.
Chris Dwan est un grand blond qu'on remarqua tout de suite dans le car qui conduisait de El Calafate à Puntas Banderas pour une balade en bateau sur le Lac Argentino. Il occupait deux sièges à lui tout seul, le sien propre et un autre pour son mini sac à dos. Le menton dressé contre son interlocuteur, il paraissait sûr de lui. Allure décontractée. Style baba cool. Un anneau à l'oreille gauche. Un homme jeune. On lui donnait trente-six ans. Ce qu'il confirma par la suite. Il avait une carrure impressionnante, les épaules encore plus larges que celles de Guillaume. Ses mains épaisses manipulaient un Ipod avec des gestes convulsifs. Il en sortait une musique qui redonnait en tout cas un peu d'expression à son regard plutôt vide.
- Longtemps que vous êtes sur les routes ?
- Plus d'un mois et nous embarquons bientôt sur le Navimag.
- Vous aussi.
Chris interpella une fille assise quelques sièges à l'avant : Angelina, il y a ici trois Français pour le Navimag. Et il chuchota avec un léger sourire : elle est belge.
Le paquebot, comble, se glissa sur un canal parsemé d'icebergs aux formes les plus bizarres et revêtant toutes les nuances de bleu.
- Bonjour, je suis Angelina, de Bruxelles. On m'appelle couramment Angie. Je viens babeler avec vous. Il n'y a guerre beaucoup de francophones sur les routes. Vous allez prendre le Navimag, il paraît ?
- On embarque jeudi à 22h sur le Magallanes.
- Moi également. J'y assure pour la première fois une vacation d'infirmière. J'appréhende d'avoir le mal de mer alors que je serai chargée de m'occuper de ceux qui ne se sentent pas bien.
- Sois optimiste. La navigation à travers les canaux de Patagonie est calme par beau temps. Sauf parfois la traversée du Golfe de Penas. Je suis Guillaume. Voici Natacha et Jean-Yves.
- Partage avec nous ces empanadas ramenées de El Calafate. Elles sont délicieuses. Tout coûte très cher sur ce bateau.
- J'arrive sans doute trop tard, après la distribution du goûter, lança Chris, goguenard.
- No worries il y en a encore.
- Je ramène de la bière.
Et Chris se dirigea vers le bar.
De plus en plus d'icebergs. De plus en plus de vagues. Quelques imposants glaciers. Bleus. Grandioses. Trois fois plus étendus que la ville de Buenos Aires. Des dizaines de mètres de haut. Incroyable !
De retour vers 20h à El Calafate, les cinq compagnons prirent place dans un restaurant argentin que Angelina avait repéré. La viande est si bonne et si peu chère dans ce pays. Chris ne se sépara pas de son Ipod dont il expliqua le fonctionnement. Désirant être le seul artisan de sa vie, il tenait, confia-t-il, à assouvir ses deux passions : la musique et les voyages. Il devint DJ et prit l'habitude, depuis déjà quelques années, de regrouper congés et heures supplémentaires pour partir sur les routes du monde puisqu'il avait, disait-il, l'avantage d'être bachelor, célibataire.
Angelina est une jeune femme affable, attrayante, élancée, bien proportionnée. Cheveux noirs, très très courts avec une mèche grise sur le front qu'elle relève sans cesse, elle portait un jean très serré qui faisait ressortir la courbe de ses cuisses. Quand elle enleva sa veste polaire et son épais pull-over, c'était pour laisser voir un corsage garance ouvert jusqu'à la ligne des seins. Elle sentait bon, comme elle sentait bon !
- Après avoir bien bourlingué, mon rêve serait de vivre en Australie. Mon handicaps actuel c'est que je n'ai plus droit au visa Working-Holidays, Travail-Vacances, puisque je rentre dans ma trente et unième année.
- Si tu devais y vivre un jour, ne viens surtout pas à Perth. On est isolés de tout, coupés du reste du monde. Quand tu es à Bruxelles, tu mets une heure pour aller à Paris. Tu as Londres à côté, Amsterdam aussi. À Perth, nous vivons avec nos frustrations. La capitale la plus proche doit être à plus de trois mille kilomètres. Nous vivons entre nous, dans un cocon. C'est malsain à la limite. Un de mes ancêtres qui avait douze enfants y habitait déjà en 1890. Il trompait sa solitude en taquinant le poisson au bord de la Swan river.
- L'éloignement est un inconvénient. Certes. Quoique…quoique… Perth est situé dans un cadre naturel exceptionnel qui fait rêver
- Ce n'est pas Perth qui fait rêver. C'est l'Ailleurs, l'Ailleurs, mon petit.
- Je parie que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, intervint Jean-Yves, tous pétris dans la même argile. C'est ce désir de l'Ailleurs qui nous nourrit tous les cinq, qui aiguillonne nos vies et qui nous réunit ce soir dans ce trou perdu.
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| Présentation |  Mario BLAISE
Biographie
Je suis né en 1943 à Port-au-Prince, Haïti et je vis en France depuis l'âge de vingt et un ans.
Après des études supérieures de gestion à Paris, j'ai travaillé en qualité de Cadre comptable puis j'ai dirigé une PME pendant les quinze dernières années de ma vie professionnelle.
Passionné par l’Économie du Développement, je sillonne avec gourmandise toutes les routes du monde depuis plus de trente ans, pour voir, comprendre et m’informer.
De formation gréco-latine, j'ai toujours eu un certain goût pour la lecture et l'écriture.
Bibliographie
- Le Flamboyant : Editions L'Harmattan Paris 2002.
ISBN : 2-7475-2725-5. 208 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora :
Editions Dauphin Noir Paris 2005.
ISBN : 2-915607-03-06. 157 pages. Non disponible
- Désir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage : Editions Le Manuscrit Paris 2007
ISBN : 978-2-304-00026-9. 257 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora (Version revue et actualisée) Roman historique.
Editions Le Manuscrit Paris 2008
ISBN : 978-2-304-00672-8. 227 pages
Pourquoi ce blog ?
-Pour vous aider à mieux connaître mes livres.
-Pour présenter des photos d'Ailleurs et échanger avec vous des idées.
Bonne navigation à tous !
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