Waoh ! Après une journée non stop de visite des temples à Angkor, je me promène gentiment dans le centre de Siem Reap. Interpellé par un rabatteur, je découvre des touristes les pieds plongés dans un bassin-aquarium rempli de petits poissons. Entourés d'un groupe de spectateurs, ils sursautent, s'exclament, rigolent.
J'apprends que les Garra Rufa n'ont pas de dents et qu'ils se nourrissent de peaux mortes par succion.
Je me débarrasse vite fait de mes chaussures et je confie mes pieds harassés aux poissons-docteurs pour un peeling naturel.
Dans une campagne calme et luxuriante, des milliers de crêpes sèchent au soleil le long de la route. C'est le Village des Spring Rolls qui regroupe les familles vivant de la fabrication de galettes de riz pour nems et rouleaux de printemps.
Sous un hangar au bord de la rivière Sangker, des myriades et des myriades de mini poissons débarrassés de leurs têtes et de leurs arêtes marinent dans des bacs, enrobés de riz et de sel, avant de devenir au bout de quelques mois une pâte très prisée, dite fromage cambodgien.
De grands récipients en bois recueillent de la saumure pour la fabrication de sauce poissons.
Des petits poissons sont étalés au soleil sur des nattes posées au sol.
Des paquets de poissons séchés et fumés attendent les acheteurs. Le tout exhale une odeur fétide.
Un étalage de rats vidés, nettoyés, s'offre ouverts au soleil. La viande de rat est un mets délicat au Cambodge. Pas ceux des villes qui mangent des ordures mais ceux des champs élevés en plein air et nourris au riz. Bien que ce soit une viande pas chère, certains habitants de Phnom Penh se disent écoeurés par cette pratique qu'ils trouvent ragoûtante. « C'était sous Pol Pot ! »
De nombreuses familles, installées côte à côte dans leurs petites maisons, vivent de la fabrication de nouilles. La pâte passe par une machine et ressort en filaments. Plongés dans de l'eau froide, ces filaments sont ensuite enroulés en petits paquets, rangés dans des feuilles de bananier et stockés dans des paniers d'osier.
Sur un petit marché, des tortues de terre, certaines vivantes, d'autres prêtes à la cuisson, attendent les amateurs.
Bangkok. Mercredi 13 janvier 7h du matin (heure locale).
Je n'oublierai jamais ce jour où je transitais par l'aéroport international de Bangkok à destination du Cambodge. De la salle d'embarquement D1, j'appris sur CNN qu'un earthquake de magnitude 7 venait de frapper Port-au-Prince et que le bilan serait lourd. Aucune image n'était encore diffusée.
Cette information me consterna. Le vol vers Phnom Penh sembla durer une éternité. Arrivé à l'hôtel, je me précipitai sur TV5 et Internet. Les mauvaises nouvelles commencèrent à affluer. La découverte de ce petit pays d'Asie du Sud-est était terriblement assombrie.
Je fus assez rapidement fixé sur le sort de mes amis et des membres de la famille vivant à Port-au-Prince. Des listes de victimes circulèrent peu après sur Internet, à l'usage de la diaspora haïtienne.
Par la suite, TV5 annonça que Petit-Goâve et Léogane avaient été sérieusement touchés. C'est grâce à heritagekonpa, radio et magazine on line, adresse ci-dessous, que j'ai pu obtenir ces images et des informations très ponctuelles sur la situation en Haïti. La mairie de Petit-Goâve, détruite par le séisme, fut à l'origine la résidence de mon grand-père paternel (Papy Théo dans mon livre LE FLAMBOYANT). C'est à sa mort en 1925 que la maison fut cédée à la commune et devint l'Hôtel de Ville. Nombre d'événements et de scènes du FLAMBOYANT se déroulèrent dans l'église Notre Dame également effondrée. C'est donc des pans entiers de mon enfance qui ont aussi disparu le 12 janvier 2010.
Papy, mon grand-père maternel, se plaisait à dire qu'une minute suffisait pour changer une situation. Le tremblement de terre a duré juste une minute.
Araignées, blattes, cafards d'eau, criquets, mygales, sauterelles sont des mets de choix au Cambodge et constituent pour la population une source supplémentaire de protéines, de vitamines et de sels minéraux.
Ces insectes grillés, présentés à côté de brochettes de serpents, font la joie des promeneurs du soir sur les rives du Tonlé Sap à Phnom Penh.
Libraires et particuliers peuvent aussi envoyer leurs commandes par mail (service.commercial@manuscrit.com), par fax (0148075010) et leurs règlements par courrier avec le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage à cette adresse :
Editions Le Manuscrit
20, rue des Petits Champs
75002 PARIS
- Dans les autres librairies en ligne : chapitre.com, amazon.fr, alapage.com etc...
« Guillaume Lelièvre termina son énième remplacement dans un lycée de l'est parisien. L'Education Nationale ne fit jamais de lui un prof d'espagnol titulaire. Il ne le désira pas. Il préféra tantôt travailler à la pige pour un hebdomadaire, tantôt accompagner un groupe de voyageurs en Equateur, au Pérou, en Bolivie ou au Brésil, mandaté par un tour-opérateur. Ou, à des périodes moins fastes, pointer tout bonnement à l'A.N.P.E.
La vie commune avec Constance devint une galère pour cet Auvergnat de quarante ans, brun, râblé, petits yeux rieurs. Il ne parvenait plus à tolérer les invectives d'une compagne très casanière qui refusait de quitter sa Normandie natale. On raconte que son plus long voyage a été le Mont Saint Michel.
Constance traitait Guillaume d'individu instable, dépourvu d'ambition. Il reconnaissait que ses dents de devant ne traînaient pas par terre. Sa seule ambition est de pouvoir mener son existence comme il l'entend : loin des contraintes, évitant la monotonie… »
- Est-ce normal qu'une mère soit obligée de se séparer de ses enfants une fois devenus grands, le plus souvent sans espoir aucun de les revoir, est-ce normal ? gémit sa mère qui écoutait la conversation tout en préparant du grio dans la cuisine. Et elle poursuit, d'une voix meurtrie : neuf fois sur dix, nos enfants, une fois diplômés, restent dans le pays d'accueil. Ils ne reviennent que pour les funérailles des parents. On nous a appris à être fières de les voir partir étudier à l'étranger, pour réussir plus tard dans la vie. Pour ma part, je préfèrerais les avoir autour de moi, tous ici. Que j'aimerais créer l'association des mères à qui l'on a ainsi arraché les enfants.
- Maman, maman, tu as mille fois raison. Mais ne te mets pas dans des états pareils si tu ne veux pas que ta tension monte. Les choses s'arrangeront ici et je fais le serment que nous pourrons tous bientôt vivre dignement ensemble dans notre beau pays.
Le jeune homme se lève et rejoint sa mère qui vient de se retirer dans la cuisine, presque en sanglots. Il l'entoure de ses bras et la serre tendrement et longuement contre lui.
Mario Blaise, 59 ans, Eaubonnais depuis 35 ans et originaire d'Haïti, "citoyen du monde", est parti à la recherche de ses origines. Il publie Le Flamboyant, récit de sa petite enfance en Haïti, quête des origines et témoignage sur la vie à Haïti dans les années 1950.
"On n'écrit pas pour faire prendre de l'air à des mots difficiles, jamais employés, dit Mario Blaise. Mais pour se faire comprendre et transmettre ce que l'on ne veut pas perdre. Et être simple, pour cela, c'est suffisant." Et c'est ainsi, tout simplement, qu'il a écrit son premier livre.
Son fils, né en France, lui a demandé de raconter son enfance en Haïti. Ainsi Le Flamboyant est-il paru. C'est l'histoire d'une famille aisée vivant à Petit-Goâve ( à 60 km de Port-au-Prince) entre 1947 et 1955. C'est le récit des années de jeunesse de Pascal (le narrateur), de la vie quotidienne à Petit-Goâve dans le contexte culturel, sociologique et historique d'Haïti. Tout cela se passe avant la dictature de Duvalier et l'aggravation de la situation économique, quand le pays, bien que pauvre, connaissait encore une vie sociale. L'expression " douceur de vivre" y avait encore un sens.
L'écriture de ce livre répond également à une motivation "existentielle" : "une fois libéré de mes occupations professionnelles, j'ai enfin pu consacrer du temps à répondre à toutes ces questions sur mes origines : qui suis-je, quelle est ma famille, où est-ce que je vis, quels sont mes amis, quelles sont mes racines, quels sont mes droits, etc ? Tout cela me préoccupait depuis longtemps. J'ai entamé un cheminement vers moi-même et vers mes racines, à travers l'histoire de ma famille et celle de mon pays, qui parfois se rencontrent."
Le résultat, c'est un récit plein de couleurs, vives comme les fleurs du flamboyant, cet arbre sous lequel se retrouvaient les copains dans la cour de l'école des Frères, à Petit-Goâve. Un récit plein de fraîcheur et d'humour également. Un tableau, quelques tranches de vie de l'époque.
Parti tôt de son pays, Mario Blaise se dit aujourd'hui "partout comme chez lui". Il aime parcourir le monde, il "vit pour voir".
"Je me sens apaisé depuis que j'ai retrouvé mes origines, mais c'est vrai que mon "déracinement" fait que je me suis toujours senti à l'aise partout. Et puis, je ne suis pas à la retraite pour rester chez moi à épousseter les bibelots !"
Luckner Desvignes, un jeune étudiant haïtien, découvre la France des années 60 et porte un regard critique sur les réalités de son pays natal.
La dérive politique et économique compromet l'installation du jeune médecin à Port-au-Prince. C'est triste et amer qu'il consent à partir pour les Etats-Unis.
À travers l'histoire personnelle de Luckner Desvignes, celle de la violence et de la misère en Haïti, ce roman traite du problème universel de l'exil et parlera au cœur de tous les hommes.
Des routards d'horizons différents se rencontrent au cours d'un voyage dans le cône sud de l'Amérique, à travers l'Argentine, le Chili et l'Uruguay. Grâce à sa longue expérience des échappées lointaines, l'auteur imagine une relation forte entre ces personnages qui ne tardent pas à s'épancher et à s'interroger sur la quête de l'Ailleurs qui les anime. Tandis qu'il lève progressivement le voile sur des pans entiers de leur histoire personnelle, on les voit évoluer un peu dans leurs milieux respectifs avant d'entamer une découverte de l'Amérique centrale, du Guatemala au Panama.
Le Flamboyant a pour cadre Petit-Goâve, une petite ville de province, au sud de Port-au-Prince, dans les années 50, avant l'arrivée des Duvalier. C'est l'histoire d'une amitié entre Pascal, Odilon, Mondon et les autres.
"Au moment où Moreno, au volant de Soulouque, marque un temps d'arrêt, au pied du mont Tapion, pour enclencher la première vitesse, je réalise que je sors à la fois de Petit-Goâve et de la Petite Enfance et je me demande avec anxiété si la porte du paradis n'est pas en train de me claquer au nez.."
Ce livre est un tableau qui reflète une tranche de vie, celle de Pascal, dans son contexte familial, culturel, sociologique et historique.
Un récit intimiste, écrit avec beaucoup d'humour et de fraîcheur, émaillé de nombreuses anecdotes.
*
Les Editions L'Harmattan
ont le plaisir de vous inviter à la signature du livre de
Mario BLAISE
LE FLAMBOYANT
Collection
" Graveurs de mémoire"
Mardi 17 septembre 2002 à 19 heures
à l'Espace Harmattan
21 bis, rue des Ecoles-75005 Paris - (Métro : Maubert-Mutualité.)
*
POUR HAÏTI
Association culturelle franco-haïtienne
Bulletin trimestriel no 42 Sept - Dec 2002
Quand tu ne sais plus où tu vas, demande-toi d'où tu viens» (proverbe africain).
Il est des livres qui arrivent à point nommé. Celui-ci en fait partie. En dehors du plaisir de la lecture, il rendra un grand service à tous les jeunes Haïtiens partis très tôt dans l'enfance, éventuellement adoptés par une famille étrangère, ou à l'adolescence, en leur permettant de découvrir leur pays natal. En effet, un certain nombre de ces compatriotes connaissent peu ou pas l'histoire d'Haïti, son mode de vie, ses us et coutumes. Pour certains, même, « notre monde» a commencé avec Duvalier !
Le Flamboyant relate la vie quotidienne à Petit-Goâve dans les années cinquante. Pour nous, adultes (et même« vieux », pour certains) c'était le temps de l'insouciance, le temps d'une pauvreté non acceptable, certes, mais non violente. L'assassinat d'un instituteur, d'un avocat, d'un homme politique, d'un humble père de famille qui revêtait encore, alors, un caractère d'une barbarie épouvantable est devenu, pour des raisons inavouées ou non encore élucidées, un acte banal pour ne pas dire courant. Mario Blaise décrit, d'une plume légère et amusée, cette époque heureuse, pré-apocalyptique.
Il lui a fallu pour cela réaliser un long voyage en lui-même pour nous rapporter toute la fraîcheur de ses dix ans. Il aurait pu dire, avec Camus, «je vivais alors».
Avec des mots simples, colorés, évocateurs ; des phrases courtes, belles, bien balancées ; un style à la Daudet, il évoque pour nous la beauté des lieux, la saveur des fruits, la majesté des arbres, la clémence et la douceur de la mer.
Home sweet home
La demeure familiale devient un personnage. Elle a les bras grands ouverts pour accueillir les ébats des gossesinfatigables lors de vacances inoubliables.
Pour la fête nationale, dans des salles immenses, au plafond haut, dont certaines sont réservées à l'achat du café et à son stockage, les autorités venues de la capitale rencontrent celles de la ville. C'est là que se prend le verre de l'amitié et que les politiques achèvent, dans la bonhomie, leurs palabres sur les dernières nominations.
La vie quotidienne à Petit-Goâve, c'est l'animation dès le petit matin. Les enfants vont à l'école, toutes classes sociales confondues. Les meilleurs amis ne sont pas obligatoirement les plus fortunés. Un vélo devient « une grosse affaire»! Quelle joie de se griser de vitesse, de partager « cette monture qui rayonne au soleil» avec les amis les plus proches. Un rêve se concrétise : on se sent prince; que dis-je, roi. La vie est riche de promesses.
Puis survient un drame familial : un divorce. Quel malheur à l'époque !
Le temps passe et la douleur s'atténue, surtout quand la mère est là, que l'on passe de longs moments près d'elle, et qu'on la trouve belle.
C'est dans ces trésors d'expériences heureuses que l'enfant d'hier devenu adulte puise toute la chaleur de l'amitié que l'on accorde aux copains.
Ceux-ci ont répondu à l'appel. Tous, oupresque, étaient là, lors de la présentation du livre chez l'Harmattan, venus des quatre coins de France ou du Canada. Ceux qui n'avaient pu faire le déplacement s'en étaient excusés. Merci mon cher Mario de nous avoir fait rencontrer tes parents, tes amis et nos amis communs.
Merci de nous avoir permis, par la magie de ta prose à la petite musique mutine, de retourner aux sources de notre enfance heureuse.
Les terres fertiles d'Ambositra, consacrées aux cultures vivrières, ne sont jamais en jachère. Cette grosse bourgade respire la détente, le charme, la gentillesse.
À environ 250 km au sud de Tananarive, ne pas rater Ambositra ou ville des zébus castrés. C'est un paisible village bâti sur une colline à 1350 m d'altitude. Il est réputé pour le travail du bois, la marqueterie et la fabrication de toaka gazy, rhum local, à partir de la canne à sucre.
Septembre 2008. En dépit des signes encore visibles du cyclone quia sévi il y a quelques mois –cocotiers déracinés, girofliers saccagés- Sainte-Marie demeure un vaste jardin tropical.
De mon bungalow fabriqué en matériaux locaux, murs en falafa, toit en feuilles de ravenala (arbre du voyageur) j'observe ce matin la vie locale : deux hommes exhibent un barracuda dans une bassine. Ils le proposent d'une maison à l'autre ; une jeune femme, drapée dans son paréo de coton ( le lambahoany), tente de vendre ses poules tandis qu'une autre, en tenue semblable, porte en équilibre sur la tête un amoncellement multicolore de chapeaux. Un taxi-brousse surchargé fait la navette avec la « capitale » : Ambodifotatra et son passage en musique couvre de temps à autre le ressac de l'océan indien. Au large, le spectacle des baleines et des baleineaux effectuant leur migration depuis les mers du sud.
L'île est rustique, sauvage et les Saint-Mariens d'une gentillesse exquise.
21 septembre 2008. Un immense hangar abrite plus d'un millier de personnes endimanchées venues comme d'habitude assister à la messe dominicale du Père Pedro. Elles sont assises en rang, les enfants se tiennent à l'avant, parfois sur des nattes. Les plus grands s'occupent des plus petits avec beaucoup de tendresse. Sur l'estrade, le père Pedro avec sa barbe blanche et deux autres prêtres. Juste à côté, un orchestre. À l'arrière, les chœurs. La messe est entrecoupée de chants et de danses remarquablement coordonnés. De vieilles grand-mères, décomplexées, valsent en solo, le visage rayonnant de bonheur. La majorité silencieuse effectue des mouvements d'ensemble rythmés et parfaitement synchronisés. Les fidèles paraissent transfigurés et littéralement fascinés par cette atmosphère de grande communion.
Après la messe, j'ai discuté un peu avec des habitants de ce village construit sur les collines de Tananarive par le Père Pedro. Certains m'ouvrirent les portes de leur maison.
Pedro OPEKA naît en 1948 à Buenos Aires d'une famille slovène. Arrivé comme missionnaire à Madagascar en 1972, il fonda avec des amis malgaches en 1989 l'association AKAMASOA (Les Bons Amis).
Akamasoa s'occupe de la réinsertion économique et sociale de personnes en détresse en les accueillant dans ses villages pourvus d'écoles, de lycées, de crèches et de dispensaires, en créant des emplois dans le bâtiment, dans les carrières, dans l'artisanat, dans les ateliers de menuiserie, de mécanique, en scolarisant les enfants des rues.
Une armée de chômeurs, reconvertis en chauffeurs de pousses, maraudent dans les rues défoncées de la ville.
Un vazaha, terme générique pour les étrangers dans la Grande Île, débarque d'un taxi-brousse. Les pousses le repèrent illico. C'est une proie idéale : il ne connaît pas les tarifs, paie habituellement la course plus cher que le Malgache et de surcroît n'exige pas que le conducteur coure ou fasse diligence.
Notre vazaha se met le plus naturellement du monde à faire rouler son sac jusqu'à l'hôtel, déjà réservé, à moins de 200 mètres de là. Il est vite encerclé par un bataillon de pousses qui lui coupent le chemin en se disputant le client. Des dizaines de mains tirant le bagage à hue et à dia. -Fais-moi travailler. Je n'ai rien fait depuis ce matin.
- Mais, je vais Chez Christophe, juste à côté. -On ne te demande pas 10.000 Ariary mais seulement 2000. Si tu ne veux pas nous aider, tu n'as qu'à retourner chez toi.
Le pauvre touriste stoppe net, se fâche tout rouge jusqu'à ce que la tempête se calme. Les pousses finissent par s'éloigner, vociférant des insultes.
« Il faisait 33 degrés à Perth ce dimanche-là quand il sauta au volant de sa Holden pour se rendre à Fremantle, la ville portuaire. Chris aurait préféré prendre la moto car Freo, comme la désignent ses habitants, était envahie de promeneurs et saturée de voitures. Mais il avait promis à sa mère de l'accompagner au marché couvert pour de volumineuses courses. Les yeux rouges de fatigue, sous le coup d'un décalage horaire d'une quinzaine d'heures et après une nuit dans le quartier de Northbridge à faire frémir un parterre de passionnés de musique électronique, il fit un détour par Cottesloe, une plage somptueuse et s'assit sur un banc, au bord de l'Océan Indien. Il éprouvait un impérieux besoin de venir en ces lieux pour se recueillir et voyager à l'intérieur de lui-même. C'était toujours à cet endroit précis et immanquablement à chacun de ses retours au Down Under, qu'il se laissait assaillir par les mêmes souvenirs de famille. L'insouciance, l'immunité même que lui procurait l'Ailleurs avaient fait long feu. Il n'était plus un autre, il s'était retrouvé... »
Roberto Sanchez posa un instant le livre. La lecture de Désir d'Ailleurs lui avait inoculé une nouvelle faim, celle de découvrir Perth et toute l'Australie Occidentale.
Une ambiance particulière plane dans ce petit village de l'outback australien habité en grande partie par des mineurs de nationalités très diverses. Le lieu est hostile, avec plus de 50°C les jours d'été et des nuits extrêmement froides l'hiver. D'où l'usage d'habitations troglodytiques.
Les gens s'installent à Coober Pedy pour chercher fortune dans l'opale. Et le petit cimetière accueille des jeunes mineurs malchanceux qui semblaient faire peu de cas de leurs vies. Ėpitaphes et panneaux illustrent l'humour et le côté je-m'en-foutiste de la population :
« Have a drink on me ! ( Buvez à ma santé !) Sur la tombe d'un jeune de trente ans.
Et plus loin, pour enfoncer le clou devant la rigoureuse sécheresse du sol :
Golf, keep off the grass! (Golf, ne marchez pas sur la pelouse !)
Plus d'une douzaine de films ont été tournés dans cette localité de trois mille habitants dont Stark et Mad Max 3.
Roberto à un Aussie attablé à côté de lui : « Je suis indigné par le spectacle de ces hordes d'Aborigènes pieds nus, hirsutes, sous l'emprise de l'alcool qui déferlent en guenilles sur la Stuart Highway. J'ignorais que votre pays traitait ainsi ses minorités. »
L'Australien posa calmement son verre de bière et postillonna : «J'habite Adélaide et, contrairement à beaucoup de mes compatriotes, je ne suis pas du tout fier de la politique menée envers les Aborigènes. Chassés des terres ancestrales, incarcérés, décimés, ils ne représentent plus que 2% de la population totale contre 30% dans le Territoire du Nord. Le coup de grâce a été donné en 1996 par le gouvernement conservateur de John Howard qui limita les droits fonciers du peuple aborigène. »
La Nouvelle Zélande est « un monde en miniature ». Après les plateaux volcaniques, les vignobles et les pâturages de l'île du Nord, me voici dans l'île du Sud, découvrant des paysages époustouflants : forêts vierges, glaciers spectaculaires, fjords enivrants. J'assiste à une véritable fête de la Nature qui semble connaître, comme les mourants, « le mieux de la fin ». Je me balade sur des plages immaculées. Je côtoie des albatros, des cormorans, des pingouins, des phoques, des lions de mer et des otaries à fourrure. Je mange très souvent japonais et adore la pavlova, la méringue locale.En espérant que tu recevras cette carte postale assez rapidement.
Nous sommes le vendredi 3 février 2006. Il est 10h30 am. L'esplanade de Napier grouille de monde. Les cloches des églises carillonnent, les tirs de canon résonnent, des avions sillonnent le ciel, certains Kiwis revêtent les costumes des années 1930. Prières, discours. Helen Clark, la Premier ministre travailliste, a fait le déplacement et est arrivée en toute simplicité, accompagnée par la maire de la ville.
Il y a exactement 75 ans, un violent tremblement de terre, suivi d'un incendie, détruisit la plupart des vieux immeubles en briques de Napier et provoqua la mort de 258 personnes. Le programme de reconstruction donna rapidement naissance à l'un des meilleurs exemples de ville Art Déco au monde.
C'est pour maintenir dans les cœurs et les esprits le souvenir de la catastrophe du 3 février 1931 qu'a lieu à Napier la cérémonie du 75e anniversaire. N'importe quel anonyme pouvait, s'il le désirait, approcher librement Mrs Clark, lui parler et même partager une photo. Elle conversait alors avec sérénité et… beaucoup de courtoisie.
Roberto Sanchezest d'avis que l'Inde est antinomique à la Nouvelle Zélande, appelée en Maori Aotearoa, le pays du long nuage blanc. Les 350 habitants au km2 du sous-continent indien, le manque d'hygiène, la pollution de l'air, la déforestation, les déchets de plastique, le manque d'eau contrastent en effet avec une densité moyenne de 15 habitants voire 6 seulement dans l'île du sud et avec les choix écologiques faits par ce pays de 4 millions de personnes, divisé en deux îles principales et grand comme la moitié de la France.
D'abord séduit par le confort et la fonctionnalité des auberges de jeunesse néo-zélandaises, attiré par l'aspect cosmopolite de Auckland, la City of Sails, la ville des bateaux, notre ami grimpe aujourd'hui dans un bus pour backpackers qui le conduit à Rotorua. L'odeur des geysers, les sources d'eau chaude, la forte présence maorie lui confirment qu'il est bien « ailleurs ». Après une balade sur les rives du lac Rotorua, il visite l'Institut des Arts Maoris, expérimente le Hangi, nourriture typique maorie, ( viande, poissons et légumes cuits sous terre, là où c'est chaud) et assiste à son premier concert de Haka, popularisé par les All Blacks.
Il avait juré de fouler aux pieds les règles les plus élémentaires de politesse et de jouer des coudes, comme tous les Indiens, pour grimper dans son bus. Pourtant, c'est le troisième qui lui passe sous le nez.
Certains habitués ont des techniques très éprouvées qui coiffent les plus dégourdis au poteau : ils vont à la rencontre du véhicule avant que celui-ci n'arrive au terminus ; ils se propulsent à l'intérieur dès qu'il amorce un ralentissement ou réservent leur place du dehors en lançant un objet par la fenêtre.
Roberto parvient enfin à s'emparer d'un siège et un tout dernier, juste à côté de lui est à la portée d'un jeune couple indien. L'homme saisit le bébé des bras de sa mère et occupe aussitôt la place, laissant sa femme debout pendant toute la durée du parcours. Il a sans doute usé de ses prérogatives de mâle dans la société indienne ? À moins qu'il ne voulût pas que sa femme s'assît à côté d'un autre homme que lui ?
Dans l'après-midi, un jeune touriste occidental, sans doute mal informé, se fait conspuer et chasser à coups de pieds d'un compartiment de train réservé aux ladies. Il s'y était introduit car tous les autres wagons étaient inaccessibles.
Est-ce parce que la femme indienne est déconsidérée et brimée qu'elle défend aussi âprement un de ses derniers pré-carrés ? Une présence masculine dans un sanctuaire de femmes a sans doute été considérée comme une profanation ?
L'Inde, la plus grande démocratie au monde, a des problèmes avec ses communautés et ses séparatistes. Le grand bazar que constitue le centre-ville de Kalimpong est infernal ce mercredi 9 avril 2008. Des dizaines de jeeps regorgeant de passagers et de colis marquent le pas alors qu'un aussi grand nombre, de guerre lasse, est garé aux bords de sordides venelles, moteurs éteints. Le principal carrefour de la ville est pris d'assaut par d'importantes brigades de police militaire comme à chaque fois que les mouvements séparatistes font une démonstration de force. Les Gorthas, ethnie originaire du Népal et majoritaire dans la région, réclament avec véhémence la création d'un nouvel état indépendant du Bengale Occidental, avec Darjeeling, Kalimpong, Siliguri, Kurseon…Des milliers d'hommes et de femmes défilent en rangs dans les rues de Kalimpong à partir du siège du puissant Gurtha National Liberation Front (GNLF) aux cris de :
We want Gorthaland
Leur passage entraîne la fermeture des commerces et la paralysie totale du trafic interurbain. La foule, impressionnante, vocifère ses revendications tout en progressant librement alors que les rassemblements, de plus en plus fréquents, perturbent la vie locale. Un avis de grève générale fera d'ailleurs de Kalimpong une ville morte pendant les vingt-quatre heures à venir. De nombreux seatings sont prévus dans tous les quartiers. Ce qui fait la joie des écoliers qui, à chaque fois, transforment les rues en terrains de foot et de cricket.
Le gouvernement central indien fait la sourde oreille. Il a accordé dès 1988 une relative autonomie à la région de Darjeeling mais elle semble insuffisante.
Un cyclo-pousse entouré d'une dizaine de collégiens déboule en musique dans la rue qui mène au gath principal de Bénarès, muni d'un haut-parleur crachant des chants religieux. De temps en temps, les jeunes gens font une pause, lèvent les bras en direction du ciel et scandent en chœur : «God is law, Dieu est la loi.» Au niveau de la légendaire file de mendiants assis des deux côtés de la rampe qui conduit au gath, la petite troupe s'arrête pour régler la course et continue ensuite le chemin portant une célèbre passagère sur les épaules.
Suit un groupe d'étudiants, accompagné d'un professeur. Il déambule la même rue avec autant d'allégresse et autant d'enthousiasme, portant également une statue d'environ un mètre cinquante, faite de glaise et de fines tiges de bambou. Ils débitent les mêmes prières de dévotion à Dieu.
Sur la rive sacrée du Gange, ils installent leurs statues sur des barques et s'éloignent au milieu du fleuve. Les gesticulations recommencent. Ils poussent des cris de joie, se prennent en photos et finalement jettent la déesse Saraswati par dessus bord en jubilant de satisfaction.
La tradition hindouiste veut que la déesse de la culture, de la musique et de la sagesse soit fêtée tous les ans pendant deux jours. La seconde journée a lieu la Puja, prière, au Gange. Les bateliers sont alors très sollicités et à la surface du fleuve flottent ce jour-là des dizaines de statues colorées au milieu d'une profusion de guirlandes de fleurs.
Il tombait de si grosses gouttes que le ciel semblait se décoller. Tandis que des coups de klaxon ponctuaient régulièrement la nuit, le moteur d'une voiture s'était noyé et son conducteur insistait pour le remettre en route. D'une petite rue jouxtant l'hôtel montaient des vociférations, des mélopées, des disputes, des conversations à distance entrecoupées de rejets sonores de crachats, de sortes de brefs petits coups de trompettes traduisant la manière qu'ont les Indiens de se moucher dans le vide. Les croassements d'une colonie de charognards rivalisaient avec les aboiements et les cris de douleur d'une multitude de chiens s'étripant dans d'âpres combats. Ces chiens sont souvent considérés comme des symboles de réincarnations d'humains bannis. Pour parfaire le tableau, les rideaux de fer des rez-de-chaussée des immeubles voisins déchiraient sans vergogne les rares moments de silence toutes les fois que les commerçants entraient ou sortaient de chez eux. À 5h 30 du matin, le muezzin entra dans la danse pour appeler à la prière.
Le vacarme fut si assourdissant et si perturbant qu'il plongea Roberto Sanchez dans une profonde angoisse. Allongé sur son sommier de planches recouvert d'un matelas de capoc, il commença à appréhender de devoir arpenter les rues surpeuplées, crasseuses et polluées de Kolkata. Il redouta ses trottoirs défoncés, envahis par des mendigots et des petits vendeurs agressifs. Il souhaita éviter les moments où il faudra éconduire des rabatteurs tenaces parce que nécessiteux, des chauffeurs de taxi et de pousses qui l'accosteraient sauvagement toutes les cinq minutes, des enfants-cireurs-de-chaussures qui lui donneraient mauvaise conscience. Il ne se sentit pas le courage d'affronter les suppliques d'une armada de jeunes femmes portant des nourrissons dénutris. Il crut être revenu au moyen-âge.
Comme nombre de voyageurs en Inde, il se demanda ce qu'il faisait dans cet enfer et il aspira à en partir rapidement d'autant plus que la grippe aviaire faisait depuis quelques jours la une du Times of India. L'épidémie était aux portes de Calcutta et le gouvernement local venait d'interdire l'entrée des poulets et des œufs dans la ville. L'inquiétude grandissait chez notre ami. C'était l'impasse.
Pourtant, au fil des jours, Kolkata et ses habitants se révélèrent très attachants et ce fut pour Roberto une expérience à la fois poignante et exaltante.
Plus d'un millier de moines asiatiques sont réunis sous un chapiteau. Drapés dans leurs épaisses robes jaunes, ocres, safran ou bordeaux, crânes rasés ou cheveux très courts, ils attendent la distribution du repas. C'est le 3e festival annuel de chants boudhiques à Bodhgaya, le plus important lieu de pèlerinage boudhiste au monde.
Non sans nonchalance, ils envahissent ensuite par petits groupes la rue qui conduit au magnifique temple de la Mahabodhi pour la cérémonie du Puja. Ils prennent place à même le sol, en rangs serrés, sous l'Arbre Sacré où lord Boudha aurait reçu l'illumination, ouvrent leur manuel de prières rédigé en pali, la langue du boudhisme, et s'oublient dans un chanting qui durera tout l'après-midi. Le gong rythme les chants. Les haut-parleurs les amplifient et plongent moines et pèlerins dans un profond recueillement.
Pieds nus, mains jointes, bracelets porte-bonheur aux poignets, les visiteurs égrènent de longs chapelets en arpentant la promenade qui entoure le temple principal. Les plus fervents se mettent régulièrement à plat ventre, les bras en avant. Ils viennent de tous les pays d'Asie, revêtent des costumes très différents, du sarong blanc au saree de couleurs, du lungi au dhoti et à la tunique, du turban au bonnet. Les Tibétains sont reconnaissables à leur moulin à prières. Ceux qui sont assis sous les immenses branches de l'Arbre Sacré guettent les rares feuilles qui s'en détachent. De temps en temps arrivent des délégations de pays voisins conduites par des moines. Elles portent avec dévotion une bande de tissu jaune de la couleur de la robe de Boudha. Certains pèlerins vaporisent l'air de parfum, d'autres brûlent de l'encens. Les murs du temple sont ornés de guirlandes de fleurs. Tous les recoins du parc sont envahis de visiteurs actifs qui prient en chœur ou qui se prosternent ostensiblement. Les arbres sont décorés de petits drapeaux de toutes les couleurs.
À la tombée de la nuit, les moines font la pause. Des milliers de petites ampoules multicolores illuminent les arbustes, les stuppas, les murs d'enceinte du parc et les pèlerins font brûler des centaines de petites bougies dans la pénombre d'une salle de verre. Ce festival, organisé par la Fédération Internationale du Boudhisme, s'est tenu du 12 au 23 février 2008.
On répète à l'envi que l'Inde est sale et qu'elle regorge de mendiants. L'état du Sikkim échapperait-il à ces clichés ? Le parti au pouvoir, le Sikkim Democratic Front (SDF), passe pour un grand protecteur de l'environnement et le gouvernement central indien a beaucoup investi dans la région pour contenir les visées du grand voisin chinois.
Un gong en cuivre retentit. Il annonce l'arrivée d'un camion-poubelle. Toutes affaires cessantes, les habitants du quartier s'emparent des paniers, des seaux, des boîtes de carton, des sacs de toile ou de paille contenant leurs ordures et les tendent aux préposés pour un premier tri sélectif. Les « plastic bags » sont rares dans le pays du Khangchendzonga.
À l'autre bout de la rue, un autre camion livre des bouteilles de gaz. Les clients, nombreux, les embarquent dans des taxis ou utilisent les services de porteurs à la mode tibétaine. Le charbon de bois n'est utilisé que dans les villages car le gouvernement local protège la forêt sikkimoise et tente de damer le pion au Népal pour le trekk et le tourisme vert.
Le drapeau international tibétain était à nouveau à l'honneur sur la place Chowrasta de Darjeeling le 16 mars 2008 après une série de manifestations pacifiques à l'occasion du 49e anniversaire du massacre par les Chinois de plus de dix mille Tibétains le 10 mars 1959 à Lhassa.
Ce nouveau mouvement de protestation réunissait des centaines de Tibétains ulcérés contre la violence des répressions perpétrées à Lhassa par l'occupant chinois. Assis à même le sol, une bougie à la main, les manifestants égrenaient avec ferveur des prières et des chants tibétains. Ils se levèrent ensuite, brandissant pancartes et banderoles condamnant la violence au Tibet et fustigeant le déroulement des prochains jeux olympiques à Pékin. Ils mirent le feu à un mannequin en chiffon représentant la Chine, se massèrent autour de la flamme et, tour à tour, piétinèrent avec acharnement les débris de l'ennemi en criant :
« What do we want ? Freedom.
What do we want ? Justice. »
Les photos de Gandhi et du Dalai Lama en tête du cortège, des dizaines de moines entamèrent une marche à travers la ville entraînant un impressionnant groupe de femmes tibétaines en habit traditionnel, des écolières en uniforme, des jeunes, des vieux. Ils portaient des drapeaux tibétains et des panneaux où l'on pouvait lire :
Free Tibet, Save Tibet,
Tibet belongs to Tibetan,
Stop violation in Tibet.
Roberto Sanchez se joignit au cortège. Il sait ce que sont l'exil et la répression. Il compatit àla tristesse et à l'indignation du peuple tibétain.
Biographie
Je suis né en 1943 à Port-au-Prince, Haïti et je vis en France depuis l'âge de vingt et un ans.
Après des études supérieures de gestion à Paris, j'ai travaillé en qualité de Cadre comptable puis j'ai dirigé une PME pendant les quinze dernières années de ma vie professionnelle.
Passionné par l’Économie du Développement, je sillonne avec gourmandise toutes les routes du monde depuis plus de trente ans, pour voir, comprendre et m’informer.
De formation gréco-latine, j'ai toujours eu un certain goût pour la lecture et l'écriture.
Bibliographie
- Le Flamboyant : Editions L'Harmattan Paris 2002.
ISBN : 2-7475-2725-5. 208 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora :
Editions Dauphin Noir Paris 2005.
ISBN : 2-915607-03-06. 157 pages. Non disponible
- Désir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage : Editions Le Manuscrit Paris 2007
ISBN : 978-2-304-00026-9. 257 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora (Version revue et actualisée) Roman historique.
Editions Le Manuscrit Paris 2008
ISBN : 978-2-304-00672-8. 227 pages
Pourquoi ce blog ?
-Pour vous aider à mieux connaître mes livres.
-Pour présenter des photos d'Ailleurs et échanger avec vous des idées.
Bonne navigation à tous !