Une armée de chômeurs, reconvertis en chauffeurs de pousses, maraudent dans les rues défoncées de la ville.
Un vazaha, terme générique pour les étrangers dans la Grande Île, débarque d'un taxi-brousse. Les pousses le repèrent illico. C'est une proie idéale : il ne connaît pas les tarifs, paie habituellement la course plus cher que le Malgache et de surcroît n'exige pas que le conducteur coure ou fasse diligence.
Notre vazaha se met le plus naturellement du monde à faire rouler son sac jusqu'à l'hôtel, déjà réservé, à moins de 200 mètres de là. Il est vite encerclé par un bataillon de pousses qui lui coupent le chemin en se disputant le client. Des dizaines de mains tirant le bagage à hue et à dia. - Fais-moi travailler. Je n'ai rien fait depuis ce matin.
- Mais, je vais Chez Christophe, juste à côté. - On ne te demande pas 10.000 Ariary mais seulement 2000. Si tu ne veux pas nous aider, tu n'as qu'à retourner chez toi.
Le pauvre touriste stoppe net, se fâche tout rouge jusqu'à ce que la tempête se calme. Les pousses finissent par s'éloigner, vociférant des insultes. |