| dimanche 16 décembre 2007, a 14:18 |
| Extrait long : Desir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage |
- Je parie que tu viens d'Australie.
- Aussi certain que tu es québécois. Je t'ai entendu parler français. Chris, de Perth.
- Jean-Yves, parisien depuis quelques années.
Chris Dwan est un grand blond qu'on remarqua tout de suite dans le car qui conduisait de El Calafate à Puntas Banderas pour une balade en bateau sur le Lac Argentino. Il occupait deux sièges à lui tout seul, le sien propre et un autre pour son mini sac à dos. Le menton dressé contre son interlocuteur, il paraissait sûr de lui. Allure décontractée. Style baba cool. Un anneau à l'oreille gauche. Un homme jeune. On lui donnait trente-six ans. Ce qu'il confirma par la suite. Il avait une carrure impressionnante, les épaules encore plus larges que celles de Guillaume. Ses mains épaisses manipulaient un Ipod avec des gestes convulsifs. Il en sortait une musique qui redonnait en tout cas un peu d'expression à son regard plutôt vide.
- Longtemps que vous êtes sur les routes ?
- Plus d'un mois et nous embarquons bientôt sur le Navimag.
- Vous aussi.
Chris interpella une fille assise quelques sièges à l'avant : Angelina, il y a ici trois Français pour le Navimag. Et il chuchota avec un léger sourire : elle est belge.
Le paquebot, comble, se glissa sur un canal parsemé d'icebergs aux formes les plus bizarres et revêtant toutes les nuances de bleu.
- Bonjour, je suis Angelina, de Bruxelles. On m'appelle couramment Angie. Je viens babeler avec vous. Il n'y a guerre beaucoup de francophones sur les routes. Vous allez prendre le Navimag, il paraît ?
- On embarque jeudi à 22h sur le Magallanes.
- Moi également. J'y assure pour la première fois une vacation d'infirmière. J'appréhende d'avoir le mal de mer alors que je serai chargée de m'occuper de ceux qui ne se sentent pas bien.
- Sois optimiste. La navigation à travers les canaux de Patagonie est calme par beau temps. Sauf parfois la traversée du Golfe de Penas. Je suis Guillaume. Voici Natacha et Jean-Yves.
- Partage avec nous ces empanadas ramenées de El Calafate. Elles sont délicieuses. Tout coûte très cher sur ce bateau.
- J'arrive sans doute trop tard, après la distribution du goûter, lança Chris, goguenard.
- No worries il y en a encore.
- Je ramène de la bière.
Et Chris se dirigea vers le bar.
De plus en plus d'icebergs. De plus en plus de vagues. Quelques imposants glaciers. Bleus. Grandioses. Trois fois plus étendus que la ville de Buenos Aires. Des dizaines de mètres de haut. Incroyable !
De retour vers 20h à El Calafate, les cinq compagnons prirent place dans un restaurant argentin que Angelina avait repéré. La viande est si bonne et si peu chère dans ce pays. Chris ne se sépara pas de son Ipod dont il expliqua le fonctionnement. Désirant être le seul artisan de sa vie, il tenait, confia-t-il, à assouvir ses deux passions : la musique et les voyages. Il devint DJ et prit l'habitude, depuis déjà quelques années, de regrouper congés et heures supplémentaires pour partir sur les routes du monde puisqu'il avait, disait-il, l'avantage d'être bachelor, célibataire.
Angelina est une jeune femme affable, attrayante, élancée, bien proportionnée. Cheveux noirs, très très courts avec une mèche grise sur le front qu'elle relève sans cesse, elle portait un jean très serré qui faisait ressortir la courbe de ses cuisses. Quand elle enleva sa veste polaire et son épais pull-over, c'était pour laisser voir un corsage garance ouvert jusqu'à la ligne des seins. Elle sentait bon, comme elle sentait bon !
- Après avoir bien bourlingué, mon rêve serait de vivre en Australie. Mon handicaps actuel c'est que je n'ai plus droit au visa Working-Holidays, Travail-Vacances, puisque je rentre dans ma trente et unième année.
- Si tu devais y vivre un jour, ne viens surtout pas à Perth. On est isolés de tout, coupés du reste du monde. Quand tu es à Bruxelles, tu mets une heure pour aller à Paris. Tu as Londres à côté, Amsterdam aussi. À Perth, nous vivons avec nos frustrations. La capitale la plus proche doit être à plus de trois mille kilomètres. Nous vivons entre nous, dans un cocon. C'est malsain à la limite. Un de mes ancêtres qui avait douze enfants y habitait déjà en 1890. Il trompait sa solitude en taquinant le poisson au bord de la Swan river.
- L'éloignement est un inconvénient. Certes. Quoique…quoique… Perth est situé dans un cadre naturel exceptionnel qui fait rêver
- Ce n'est pas Perth qui fait rêver. C'est l'Ailleurs, l'Ailleurs, mon petit.
- Je parie que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, intervint Jean-Yves, tous pétris dans la même argile. C'est ce désir de l'Ailleurs qui nous nourrit tous les cinq, qui aiguillonne nos vies et qui nous réunit ce soir dans ce trou perdu.
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| dimanche 16 décembre 2007, a 14:11 |
| Extrait long : Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora |
- Je me sens bien, content de te voir, content d'être avec toi. Mais je m'aperçois que la vie fait parfois des embardées. Elle nous réserve même beaucoup de surprises. Maman Mariette a certainement mal accepté ton départ. Elle vit en Haïti avec les filles, toi en Afrique, Michel aux U.S.A, moi en France. C'est le grand écart. Les familles haïtiennes sont de plus en plus éclatées, disséminées aux quatre coins du monde. Un mot qui est depuis peu d'usage courant dans notre pays et qui est aussi utilisé en créole, c'est celui de diaspora. Les Haïtiens de l'extérieur sont de plus en plus nombreux. Nous allons aussi devenir étrangers l'un à l'autre. Nous ne vivons plus les mêmes choses au quotidien. Nous n'employons plus les mêmes mots pour nous exprimer. Nous ne nous voyons plus. En ce qui concerne notre seule famille, qui peut dire quand nous serons à nouveau réunis tous ensemble ?
- L'essentiel est sans nul doute que nous soyons encore en vie. J'ai une terrible nouvelle à t'annoncer, Luckner : dans le groupe des dix neuf officiers fusillés pour conspiration la semaine dernière à Port-au-Prince figure le frère aîné de ton amie Virginie, celui qui faisait partie de la Garde Présidentielle.
- Serge ! s'exclame Luckner. Ce n'est pas vrai. Ce doit être la consternation dans la famille.
- C'est plus que la consternation. Et dans la même veine, le père de Luckner poursuit : Comme un malheur arrive rarement seul, monsieur Dumelle a fait une crise cardiaque en apprenant la nouvelle de l'exécution de son fils.
- Il s'en est sorti, je présume ?
- Les deux pieds devant, comme on dit. Il aurait certainement été sauvé s'il vivait à l'étranger. Mais chez nous, les secours mettent un temps fou pour arriver. On ne parle plus que de ces morts en série dans Port-au-Prince. Puis, après une courte pause, le père de Luckner ajoute : Quand on pense que la famille Dumelle a caché Le Nasilleur pendant des années sous le régime précédent. Madame Dumelle vidait elle-même nuit et jour les pots de chambre de Vava. Je ne suis pas étonné qu'il n'ait pas gracié Serge. Il considère la reconnaissance comme une lâcheté.
Luckner est abasourdi. Il reste tout pantois, livide.
- Réagis, fiston. Je suis désolé de t'assaillir avec cette avalanche de mauvaises nouvelles. J'ai retardé au maximum le moment de t'en informer.
- Je réagis, papa, à ma façon. Je suis K.-O. Je pense à Virginie qui devait voyager bientôt, à Man Cicine, sa mère. Que vont-elles devenir ? Courent-elles un quelconque danger ?
- Je ne pense pas qu'elles risquent quoi que ce soit. C'est le double choc psychologique qu'elles doivent encaisser.
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| dimanche 16 décembre 2007, a 13:19 |
| Extrait long : Le Flamboyant |
Il pleut ce samedi matin. Une de ces pluies diluviennes qui tombent rarement en cette saison. Le marché est forcément désert puisqu'il a lieu pratiquement en plein air. A la rue Saint Paul, on a, malgré tout, le paysage habituel : Une caravane de boeufs monte à Port-au-Prince. J'entends dire qu'ils viennent du Sud du pays, plus précisément de Port Salut et de Charbonniers. Ces huit boeufs sont accompagnés par trois personnes qu'on appelle des maroulés. Le voyage dure plusieurs jours. Les maroulés dorment au bord de la route avec les bêtes et gagnent chacun deux dollars par animal conduit à bon port.
A la rue Lamarre, il n'y a vraiment personne. Seules les rigoles déversent en abondance ce torrent d'eau et de boue qui passe sous les ponts, en direction de la mer, et qu'on appelle : lavalas. Les chantiers navals marchent à fond. En effet, avec du papier journal que nous conservons soigneusement pour cet usage, nous construisons, à tour de bras, des bateaux, des petits, des moyens, des grands. Et nous les mettons à l'eau par flotte de six à sept, le bateau-amiral en tête. Même notre plus petite soeur, Flore, est embauchée pour l'opération de lâchage. Et nous essayons de les suivre dans leur cheminement. Parfois même, nous les accompagnons jusqu'à l'entrée des Casernes, en sautant d'une galerie à l'autre. Odilon, ses grandes soeurs Armelle et Fréda, font souvent de même en aval ou se contentent de contrôler le déroulement des opérations sur leur galerie.
En attendant le beau temps, revigorés par notre commune entreprise, nous nous racontons des histoires sans queue ni tête. Je n'arrête pas de parler. Nous jouons à "Ti ciseaux dorés, lait caillé pété, pété senti, pouf." Je suis le maître de jeu, je m'arrange pour que le "pouf" tombe sur une des petites qui proteste quand le lui dis d'arrêter de faire des pets. Je leur raconte l'histoire des trois frères qui sont devenus riches : le premier est médecin, le second pharmacien et le troisième entrepreneur de pompes funèbres. Je parle de cet énergumène qui, assis, couché, à plat ventre, sur le dos, lit, à la lueur d'une lampe éteinte, un journal non imprimé. Le point d'orgue c'est quand le me mets à chanter tarlatane :
"Tarlatane, ou-même qui en bas rade ça ou ouè ? You ti grand moune diol rose bab noi, toi qui es sous les robes, que vois-tu ? Une petite vieille à la bouche rose et à la barbe noire."... |
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| jeudi 13 décembre 2007, a 13:20 |
| Un petit détail pratique : comment se procurer mes livres ? |
- L'Harmattan : 16, rue des Ecoles
75005 PARIS
Tel : 01 40 46 79 11
ouvert de 10h à 12h30 et de 13h30 à 19h
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AUPRES DES LIBRAIRES TRADITIONNELS
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| jeudi 13 décembre 2007, a 10:27 |
| Extrait court : Désir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage. |
« Guillaume Lelièvre termina son énième remplacement dans un lycée de l'est parisien. L'Education Nationale ne fit jamais de lui un prof d'espagnol titulaire. Il ne le désira pas. Il préféra tantôt travailler à la pige pour un hebdomadaire, tantôt accompagner un groupe de voyageurs en Equateur, au Pérou, en Bolivie ou au Brésil, mandaté par un tour-opérateur. Ou, à des périodes moins fastes, pointer tout bonnement à l'A.N.P.E.
La vie commune avec Constance devint une galère pour cet Auvergnat de quarante ans, brun, râblé, petits yeux rieurs. Il ne parvenait plus à tolérer les invectives d'une compagne très casanière qui refusait de quitter sa Normandie natale. On raconte que son plus long voyage a été le Mont Saint Michel.
Constance traitait Guillaume d'individu instable, dépourvu d'ambition. Il reconnaissait que ses dents de devant ne traînaient pas par terre. Sa seule ambition est de pouvoir mener son existence comme il l'entend : loin des contraintes, évitant la monotonie… » |
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| jeudi 13 décembre 2007, a 09:30 |
| Extrait court : Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora. |
- Est-ce normal qu'une mère soit obligée de se séparer de ses enfants une fois devenus grands, le plus souvent sans espoir aucun de les revoir, est-ce normal ? gémit sa mère qui écoutait la conversation tout en préparant du grio dans la cuisine. Et elle poursuit, d'une voix meurtrie : neuf fois sur dix, nos enfants, une fois diplômés, restent dans le pays d'accueil. Ils ne reviennent que pour les funérailles des parents. On nous a appris à être fières de les voir partir étudier à l'étranger, pour réussir plus tard dans la vie. Pour ma part, je préfèrerais les avoir autour de moi, tous ici. Que j'aimerais créer l'association des mères à qui l'on a ainsi arraché les enfants.
- Maman, maman, tu as mille fois raison. Mais ne te mets pas dans des états pareils si tu ne veux pas que ta tension monte. Les choses s'arrangeront ici et je fais le serment que nous pourrons tous bientôt vivre dignement ensemble dans notre beau pays.
Le jeune homme se lève et rejoint sa mère qui vient de se retirer dans la cuisine, presque en sanglots. Il l'entoure de ses bras et la serre tendrement et longuement contre lui. |
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| mercredi 12 décembre 2007, a 15:02 |
| Rencontre avec Mario Blaise. Eaubonne magazine - Janvier 2003 |
Haïti, c'est pas fini !
Mario Blaise, 59 ans, Eaubonnais depuis 35 ans et originaire d'Haïti, "citoyen du monde", est parti à la recherche de ses origines. Il publie Le Flamboyant, récit de sa petite enfance en Haïti, quête des origines et témoignage sur la vie à Haïti dans les années 1950.
"On n'écrit pas pour faire prendre de l'air à des mots difficiles, jamais employés, dit Mario Blaise. Mais pour se faire comprendre et transmettre ce que l'on ne veut pas perdre. Et être simple, pour cela, c'est suffisant." Et c'est ainsi, tout simplement, qu'il a écrit son premier livre.
Son fils, né en France, lui a demandé de raconter son enfance en Haïti. Ainsi Le Flamboyant est-il paru. C'est l'histoire d'une famille aisée vivant à Petit-Goâve ( à 60 km de Port-au-Prince) entre 1947 et 1955. C'est le récit des années de jeunesse de Pascal (le narrateur), de la vie quotidienne à Petit-Goâve dans le contexte culturel, sociologique et historique d'Haïti. Tout cela se passe avant la dictature de Duvalier et l'aggravation de la situation économique, quand le pays, bien que pauvre, connaissait encore une vie sociale. L'expression " douceur de vivre" y avait encore un sens.
L'écriture de ce livre répond également à une motivation "existentielle" : "une fois libéré de mes occupations professionnelles, j'ai enfin pu consacrer du temps à répondre à toutes ces questions sur mes origines : qui suis-je, quelle est ma famille, où est-ce que je vis, quels sont mes amis, quelles sont mes racines, quels sont mes droits, etc ? Tout cela me préoccupait depuis longtemps. J'ai entamé un cheminement vers moi-même et vers mes racines, à travers l'histoire de ma famille et celle de mon pays, qui parfois se rencontrent."
Le résultat, c'est un récit plein de couleurs, vives comme les fleurs du flamboyant, cet arbre sous lequel se retrouvaient les copains dans la cour de l'école des Frères, à Petit-Goâve. Un récit plein de fraîcheur et d'humour également. Un tableau, quelques tranches de vie de l'époque.
Parti tôt de son pays, Mario Blaise se dit aujourd'hui "partout comme chez lui". Il aime parcourir le monde, il "vit pour voir".
"Je me sens apaisé depuis que j'ai retrouvé mes origines, mais c'est vrai que mon "déracinement" fait que je me suis toujours senti à l'aise partout. Et puis, je ne suis pas à la retraite pour rester chez moi à épousseter les bibelots !" |
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| mardi 11 décembre 2007, a 21:25 |
| Présentation : Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora - roman historique.Version revue et actualisée. Editions Le Manuscrit. |
Luckner Desvignes, un jeune étudiant haïtien, découvre la France des années 60 et porte un regard critique sur les réalités de son pays natal.
La dérive politique et économique compromet l'installation du jeune médecin à Port-au-Prince. C'est triste et amer qu'il consent à partir pour les Etats-Unis.
À travers l'histoire personnelle de Luckner Desvignes, celle de la violence et de la misère en Haïti, ce roman traite du problème universel de l'exil et parlera au cœur de tous les hommes. |
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| mardi 11 décembre 2007, a 21:22 |
| Présentation : Désir d'Ailleurs - Chroniques de Voyage. Editions Le Manuscrit. |
Des routards d'horizons différents se rencontrent au cours d'un voyage dans le cône sud de l'Amérique, à travers l'Argentine, le Chili et l'Uruguay. Grâce à sa longue expérience des échappées lointaines, l'auteur imagine une relation forte entre ces personnages qui ne tardent pas à s'épancher et à s'interroger sur la quête de l'Ailleurs qui les anime. Tandis qu'il lève progressivement le voile sur des pans entiers de leur histoire personnelle, on les voit évoluer un peu dans leurs milieux respectifs avant d'entamer une découverte de l'Amérique centrale, du Guatemala au Panama. |
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| mardi 11 décembre 2007, a 20:51 |
| Présentation : Le Flamboyant. Editions L'Harmattan. Récit. Collection Graveurs de mémoire |
Le Flamboyant a pour cadre Petit-Goâve, une petite ville de province, au sud de Port-au-Prince, dans les années 50, avant l'arrivée des Duvalier. C'est l'histoire d'une amitié entre Pascal, Odilon, Mondon et les autres.
"Au moment où Moreno, au volant de Soulouque, marque un temps d'arrêt, au pied du mont Tapion, pour enclencher la première vitesse, je réalise que je sors à la fois de Petit-Goâve et de la Petite Enfance et je me demande avec anxiété si la porte du paradis n'est pas en train de me claquer au nez.."
Ce livre est un tableau qui reflète une tranche de vie, celle de Pascal, dans son contexte familial, culturel, sociologique et historique.
Un récit intimiste, écrit avec beaucoup d'humour et de fraîcheur, émaillé de nombreuses anecdotes.
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Les Editions L'Harmattan
ont le plaisir de vous inviter à la signature du livre de
Mario BLAISE
LE FLAMBOYANT
Collection
" Graveurs de mémoire"
Mardi 17 septembre 2002 à 19 heures
à l'Espace Harmattan
21 bis, rue des Ecoles-75005 Paris - (Métro : Maubert-Mutualité.)
*
POUR HAÏTI
Association culturelle franco-haïtienne
Bulletin trimestriel no 42 Sept - Dec 2002
Quand tu ne sais plus où tu vas, demande-toi d'où tu viens» (proverbe africain).
Il est des livres qui arrivent à point nommé. Celui-ci en fait partie. En dehors du plaisir de la lecture, il rendra un grand service à tous les jeunes Haïtiens partis très tôt dans l'enfance, éventuellement adoptés par une famille étrangère, ou à l'adolescence, en leur permettant de découvrir leur pays natal. En effet, un certain nombre de ces compatriotes connaissent peu ou pas l'histoire d'Haïti, son mode de vie, ses us et coutumes. Pour certains, même, « notre monde» a commencé avec Duvalier !
Le Flamboyant relate la vie quotidienne à Petit-Goâve dans les années cinquante. Pour nous, adultes (et même« vieux », pour certains) c'était le temps de l'insouciance, le temps d'une pauvreté non acceptable, certes, mais non violente. L'assassinat d'un instituteur, d'un avocat, d'un homme politique, d'un humble père de famille qui revêtait encore, alors, un caractère d'une barbarie épouvantable est devenu, pour des raisons inavouées ou non encore élucidées, un acte banal pour ne pas dire courant. Mario Blaise décrit, d'une plume légère et amusée, cette époque heureuse, pré-apocalyptique.
Il lui a fallu pour cela réaliser un long voyage en lui-même pour nous rapporter toute la fraîcheur de ses dix ans. Il aurait pu dire, avec Camus, «je vivais alors».
Avec des mots simples, colorés, évocateurs ; des phrases courtes, belles, bien balancées ; un style à la Daudet, il évoque pour nous la beauté des lieux, la saveur des fruits, la majesté des arbres, la clémence et la douceur de la mer.
Home sweet home
La demeure familiale devient un personnage. Elle a les bras grands ouverts pour accueillir les ébats des gosses infatigables lors de vacances inoubliables.
Pour la fête nationale, dans des salles immenses, au plafond haut, dont certaines sont réservées à l'achat du café et à son stockage, les autorités venues de la capitale rencontrent celles de la ville. C'est là que se prend le verre de l'amitié et que les politiques achèvent, dans la bonhomie, leurs palabres sur les dernières nominations.
La vie quotidienne à Petit-Goâve, c'est l'animation dès le petit matin. Les enfants vont à l'école, toutes classes sociales confondues. Les meilleurs amis ne sont pas obligatoirement les plus fortunés. Un vélo devient « une grosse affaire» ! Quelle joie de se griser de vitesse, de partager « cette monture qui rayonne au soleil» avec les amis les plus proches. Un rêve se concrétise : on se sent prince; que dis-je, roi. La vie est riche de promesses.
Puis survient un drame familial : un divorce. Quel malheur à l'époque !
Le temps passe et la douleur s'atténue, surtout quand la mère est là, que l'on passe de longs moments près d'elle, et qu'on la trouve belle.
C'est dans ces trésors d'expériences heureuses que l'enfant d'hier devenu adulte puise toute la chaleur de l'amitié que l'on accorde aux copains.
Ceux-ci ont répondu à l'appel. Tous, ou presque, étaient là, lors de la présentation du livre chez l'Harmattan, venus des quatre coins de France ou du Canada. Ceux qui n'avaient pu faire le déplacement s'en étaient excusés. Merci mon cher Mario de nous avoir fait rencontrer tes parents, tes amis et nos amis communs.
Merci de nous avoir permis, par la magie de ta prose à la petite musique mutine, de retourner aux sources de notre enfance heureuse.
H.D Talleyrand
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| Présentation |  Mario BLAISE
Biographie
Je suis né en 1943 à Port-au-Prince, Haïti et je vis en France depuis l'âge de vingt et un ans.
Après des études supérieures de gestion à Paris, j'ai travaillé en qualité de Cadre comptable puis j'ai dirigé une PME pendant les quinze dernières années de ma vie professionnelle.
Passionné par l’Économie du Développement, je sillonne avec gourmandise toutes les routes du monde depuis plus de trente ans, pour voir, comprendre et m’informer.
De formation gréco-latine, j'ai toujours eu un certain goût pour la lecture et l'écriture.
Bibliographie
- Le Flamboyant : Editions L'Harmattan Paris 2002.
ISBN : 2-7475-2725-5. 208 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora :
Editions Dauphin Noir Paris 2005.
ISBN : 2-915607-03-06. 157 pages. Non disponible
- Désir d'Ailleurs-Chroniques de Voyage : Editions Le Manuscrit Paris 2007
ISBN : 978-2-304-00026-9. 257 pages
- Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora (Version revue et actualisée) Roman historique.
Editions Le Manuscrit Paris 2008
ISBN : 978-2-304-00672-8. 227 pages
Pourquoi ce blog ?
-Pour vous aider à mieux connaître mes livres.
-Pour présenter des photos d'Ailleurs et échanger avec vous des idées.
Bonne navigation à tous !
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